jeudi 5 juin 2014

Obama,Hollande,BNP,10 milliards pour le viol de l'embargo Une amende,une offense et une politique criminelle

Obama,Hollande,BNP,10 milliards pour le viol de l'embargo
Une amende,une offense et une politique criminelle



"La tradition aux États-Unis est que le président ne se mêle pas des affaires de justice." telle est la cinglante et provocatrice réponse d'Obama sur les sanctions que l'Administration américaine pourrait infliger à BNP PARIBAS.
Barack Obama a été clair. Il ne se «mêlera» pas du bras de fer qui oppose la banque à la justice de son pays. «J'ai un département de la Justice qui est indépendant. La tradition est peut-être différente dans certains pays», a encore ajouté le président des États-Unis.
En un mot,Obama se fout ouvertement de la gueule de son « allié »,François Hollande et au détour d'une phrase méprisante ,c'est la réalité des rapports de force mondiaux qui se révèlent …



Il y a pourtant bien plus grave que la nouvelle humiliation infligée à Hollande,c'est la signification et les conséquences dramatiques des politiques d'embargo utilisées par les différentes administrations américaines
Nous publions ici de larges extraits d'un rapport du CETIM  ,sur les conséquences tragiques de l'embargo imposé depuis ...1962 contre Cuba

Imposé depuis 1962, l’embargo états-unien fut renforcé en octobre 1992 par le Cuban Democracy Act (ou « loi Torricelli »), qui visait à freiner l’essor des nouveaux moteurs de l’économie cubaine en frappant les entrées de capitaux et de marchandises, par : i) la stricte limitation des transferts de devises par les familles exilées, ii) l’interdiction de six mois à tout bateau ayant fait escale à Cuba de toucher port aux États-Unis et iii) des sanctions contre les firmes en affaires avec l’île relevant de juridictions d’États tiers. L’embargo fut systématisé par le 
Cuban Liberty and Democratic Solidarity Act (« loi Helms-Burton ») de mars 1996, qui prétend durcir les sanctions « internationales » contre Cuba. Son titre I généralise l’interdiction d’importer des biens cubains, exigeant par exemple des exportateurs la preuve qu’aucun sucre cubain n’est intégré dans leurs produits, comme c’était déjà le cas du nickel. Il conditionne l’autorisation des transferts de devises à la création sur l’île d’un secteur privé et du salariat. Plus entreprenant encore, le titre II fixe les modalités de la transition vers un pouvoir « post-castriste », ainsi que la nature des relations à entretenir avec les États-Unis. Le titre III octroie aux tribunaux des États-Unis le droit de juger la requête en dommages et intérêts d’une personne civile ou morale de nationalité états-unienne s’estimant lésée par la perte de propriétés nationalisées à Cuba et réclamant une compensation aux utilisateurs ou bénéficiaires de ces biens. À la demande des anciens propriétaires, tout ressortissant d’un pays tiers (et sa famille) ayant effectué des transactions avec ces utilisateurs ou bénéficiaires peut être poursuivi en justice aux États-Unis. Les sanctions encourues sont exposées au titre IV, qui prévoit, entre autres, le refus par le Département d’État de visas d’entrée sur le territoire états-unien à ces individus et à leur famille.

  



3. Le contenu normatif de cet embargo —spécialement l’extraterritorialité de ses règles, qui entendent imposer à la communauté internationale des sanctions unilatérales des États-Unis, ou le déni du droit de nationalisation, à travers le concept de « trafic »—, est une violation caractérisée de la lettre et de l’esprit de la Charte des Nations unies et de celle de l’Organisation des États américains, comme des fondements mêmes du droit international. Extension exorbitante de la compétence territoriale des États-Unis, il est contraire au principe de souveraineté nationale et à celui —consacré en jurisprudence par la Cour internationale de Justice— de non-intervention dans les choix intérieurs d’un État étranger et s’oppose aux droits du peuple cubain à l’autodétermination et au développement. Il entre également en contradiction frappante avec les libertés de commerce, de navigation et de circulation des capitaux, que les États-Unis revendiquent paradoxalement partout ailleurs dans le monde. Cet embargo est de plus illégitime et immoral en ce qu’il s’attaque aux acquis sociaux réalisés par Cuba depuis des années et met en péril les réussites —reconnues par nombre d’observateurs internationaux indépendants (notamment ceux de l’OMS, de l’UNESCO, de l’UNICEF ou maintes ONG)— que sont ses systèmes publics d’éducation, de recherche, de santé et de culture, participant du plein exercice des droits de l’homme. En outre, la menace que ce dispositif de coercition fait peser sur les citoyens états-uniens et étrangers étend la portée pratique de l‘embargo à des domaines exclus en tout ou partie de ses textes, tels que l’alimentation, les médicaments ou équipements médicaux et les échanges d’informations scientifiques.
Les annonces du gouvernement états-unien laissant entendre qu’il serait favorable à l’assouplissement des restrictions touchant les produits alimentaires et les médicaments sont restées lettre morte et ne sauraient cacher qu’en pratique, Cuba a été victime d’un embargo de facto en ces domaines. La réduction de la disponibilité de ces types de biens exacerbe les privations et manques de la population et menace en permanence sa sécurité alimentaire, son équilibre nutritionnel et son état de santé. Un drame humanitaire —qui paraît bien être l’objectif implicite de l’embargo— n’a été évité que par la volonté de l’État cubain de maintenir coûte que coûte les piliers de son modèle social, lequel garantit à tous, entre autres, une alimentation de base à prix modiques et une consommation gratuite dans les crèches, les écoles, les hôpitaux, les foyers du troisième âge… C’est la réaffirmation de la priorité donnée par les pouvoirs publics au développement humain qui explique l’excellence confirmée des indicateurs statistiques de Cuba en matière de santé, éducation, recherche, culture… ce, malgré des ressources budgétaires extrêmement contraintes et les multiples problèmes consécutifs à la disparition du bloc soviétique. Pourtant, la poursuite des progrès sociaux à Cuba est compromise par l’extension effective de l’embargo.

  


7. Les pressions exercées par les Départements d’État et du Commerce états-uniens sur les fournisseurs de Cuba ont concerné une large gamme de biens nécessaires au secteur de la santé (médicaments destinés aux femmes enceintes, produits de laboratoire, matériels de radiologie, tables d’opération et équipements de chirurgie, anesthésiques, défibrillateurs, respirateurs artificiels, appareils de dialyse, stocks pharmaceutiques…), et sont allées jusqu’à empêcher le libre approvisionnement en aliments pour nourrissons et en équipements d’unités de soins intensifs pédiatriques4. Les capacités de production de vaccins de conception cubaine sont gênées par les manques fréquents de pièces détachées et de composants essentiels importés, de même que les centres d’épuration de l’eau. Cet embargo fait donc aujourd’hui subir d’injustifiables souffrances au peuple cubain. Les pénuries affectant de nombreux médicaments non fabriqués à Cuba compliquent la mise en œuvre immédiate et complète des protocoles de traitement du cancer du sein, de la leucémie chez l’enfant, de maladies cardio-vasculaires ou rénales et du sida par exemple. De surcroît, les atteintes portées par les autorités états-uniennes à la liberté de circulation des personnels et des connaissances scientifiques (restrictions aux voyages de chercheurs états-uniens, non-respect des accords bilatéraux relatifs aux visas de chercheurs cubains, refus d’octroyer des licences de logiciels ou de satisfaire les commandes de bibliothèques cubaines en livres, revues, disquettes ou CD-Rom de littérature scientifique spécialisée…) ont conduit à inclure de fait dans le périmètre de l’embargo des domaines formellement exclus par la loi. Se trouve par là même bloquée l’une des opportunités les plus fécondes de développer sur une base solidaire et humaniste la coopération entre les nations.
Enfin,terminons avec cette épouvantable déclaration de Madeleine Albright,assumant la mort de 500 000 enfants irakiens,comme conséquence de l'embargo 'C'est le prix à payer' ,si ignoble qu'il se passe de tous commentaires
Après la première guerre du golfe en 1991, l'Irak de Saddam Hussein fut soumis à un embargo drastique de la part des Etats-Unis et de leurs alliés..La liste de produits interdits allaient de simples denrées alimentaires à la quasi totalité des produits pharmaceutiques..On estime qu'entre 1991 et 2003, un million d'enfants irakiens sont morts suite à cet embargo...Interrogée à ce sujet, la Secrétaire d'Etat américaine de l'époque (ministre des affaires étrangères) révèle froidement ce qu'elle pense de la mort de 500 000 enfants....


  
enfants d'irak,500 000 victimes de l'embargo









vendredi 30 mai 2014

Le cœur des Grecs est brisé

     

Pour comprendre les conséquences dramatique des politiques d'austérité appliquées en Europe,nous publions ce dossier spécial consacré à la situation sanitaire de la Grèce.
Rappelons que cette politique est appliquée d'une main de fer,par un gouvernement de coalition où siège le PASOK (parti socialiste grec)


   En Grèce, le taux de mortalité des nouveau-nés grimpe en flèche

Les réductions budgétaires sur le système grec de soins de santé ont fait grimper le taux de mortalité de nouveau-nés de 43 % depuis le début de la crise.
Les politiques d'austérité exigées par la troïka ont aggravé la situation socio-économique en Grèce. Selon l'eurodéputé allemand libéral Jorgo Chatzimarkakis, le pays a atteint le taux de mortalité  de nouveau-nés le plus haut depuis la Seconde Guerre mondiale : il a augmenté de 43 % depuis la mise en place des mesures d’austérité.
dans cet hôpital,le plus grand service de cardiologie infantile est fermé depuis Octobre 2012..


Le cœur des Grecs est brisé


Alexander Kentikelenis, sociologue au King's College, a ajouté que la Grèce avait réduit son budget de santé à 6 % du PIB. En d'autres termes, un niveau plus bas que tout État membre qui a rejoint l'UE depuis 2004.
Depuis la crise, le pays a réduit ses programmes de santé destinés aux groupes vulnérables, comme les toxicomanes. Ce phénomène a entraîné une hausse du nombre d'infections par le VIH. En outre, les réductions des allocations ont engendré un allongement des listes d'attente, des quantités énormes de travail et un nombre croissant de personnes sans assurance.
La Grèce compte désormais sur des médecins bénévoles provenant d'organisations défendant les droits de l'Homme pour travailler au cas par cas, a indiqué Alexander Kentikelenis.
Kostas  Nikolarakis de la commission grecque médicale panhellénique a affirmé que les hôpitaux ne fonctionnaient plus de manière adéquate au vu des plus grands problèmes constatés dans les grandes villes
« Le cœur de l'Europe bat à Bruxelles. À seulement 3 000 kilomètres toutefois, le cœur des citoyens grecs se brise », a affirmé Kostas Nikolarakis. 


LA SITUATION DU SYSTÈME DE SANTÉ EN GRÈCE EST UNE "BOMBE SANITAIRE"




Le président de l’Union des médecins hospitaliers de Grèce (OENGE), Dimitris Varnavas, a qualifié de "bombe sanitaire" la situation de pénurie de personnel dans le Système National de Santé (ESY) et dans l’Organisation Nationale des Services de Santé (EOPYY  ). Lors d’une conférence de presse, M.Varnavas a décrit une situation tragique en ce qui concerne le système de santé publique, en raisons de l'insuffisance dramatique de personnel et de matériel, (…)
Présentant la situation des hôpitaux, le président de l’OENGE a dit qu’à l’hôpital Véria, en raison du manque de personnel, on ferme les services de chirurgie, de gynécologie, et d’orthopédie, à l’Hôpital Katerinis, la clinique orthopédique interrompt ses services, à l’hôpital Magnisias on a fermé la clinique de gastroentérologie et d’ophtalmologie et les départements d’oncologie et d’hématologie sont restés ouverts avec un seul médecin  , à Larissa on risque de fermer immédiatement la clinique pédiatrique et gynécologique, tandis que la clinique de chirurgie vasculaire ne peut plus prendre en charge tous ses services, à Chalkida, la clinique orthopédique de l’hôpital est restée ouverte avec seulement 2 médecins, auxquels l’administration de la la 4ème circonscription régionale de santé a imposé un service de garde de 15 jours chacun.
De graves pénuries aussi, selon M.Varnava, existent dans les hôpitaux et les centres de santé de Larissa, Trikala, Karditsa, Rhodes, Kilkis, Réthymnon Agios Nicolaos, Lemnos, Naxos, Samos, Lesbos, Zakynthos, Corfou, Lefkada, Karytsou, Cythère, Chios, Syros, Leros, Chania, Serres, Florina, Alexandroupolis, Xanthi, Kastoria, Halkidiki, Ptolémaïs, Edessa, Drame, Thèbes, Patmos, Tinos, Kea, Paros, Kos, Skopelos et Ikaria.



Athènes : "Rasé et perfusé, il est viré du bloc opératoire."



Conséquences tragiques des restrictions budgétaires qui ont mis en faillite le système de santé public, les incidents de ce genre se multiplient en Grèce. Récit par José Fort.
La scène se déroule au début de la semaine à Athènes.  Un malade arrive en très mauvais état à la Metropolitan Community Clinic d’Elliniko, un établissement qui soigne gratuitement les chômeurs et les personnes sans ressource. Le patient doit normalement disposer d’une carte  d’insolvabilité autorisant la prise en charge gratuite. Il ne peut pas la présenter, les services sociaux de la ville ayant pris du retard dans l’expédition du document.
L’homme de 54 ans est mal en point. Pourtant, n’ayant pas de « livret » attestant sa situation de précarité, son admission est refusée. Direction la sortie.
   Protestation générale dans l’indifférence de l’administration.  C’est alors que le patient s’écroule. Crise cardiaque. Affolement. Le personnel hospitalier décide une intervention immédiate.
L’homme est dirigé vers le bloc opératoire. Il est rasé et perfusé. Les infirmières et le chirurgien sont prêts à opérer lorsque l’intendant de l’établissement fait irruption dans le bloc et exige l’arrêt des préparatifs et l’évacuation du patient tant qu’il n’aura pas fourni le fameux sésame, le document délivré par la municipalité.
Le scandale a fait le tour de la ville. L’administration hospitalière, dès le lendemain, a reprogrammé l’intervention.
Ce type d’incident, indiquent les syndicats de la santé, est courant en Grèce où trois millions de personnes ne disposent pas d’assurance maladie et où les médicaments s’achètent à prix d’or.


 La Grèce en pleine crise sanitaire : un Grec sur trois n’a plus de couverture santé

La revue médicale britannique The Lancet a publié un rapport, établi par des experts médicaux des universités d’Oxford, de Cambridge et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, sur les conséquences pour le système de santé grec de la politique d’austérité imposée par la troïka. Les chercheurs relèvent une élévation du taux de mortalité infantile (+ 43% entre 2008 et 2010),  une explosion des cas d’infection au HIV chez les toxicomanes (de15 en 2009 à 484 en 2012), le retour du paludisme et une augmentation des taux de suicide (400 cas en 2008, 500 en 2011).
Sur France Inter étaient évoqués hier « les bébés fantômes » grecs : lors d’un accouchement, quand une femme n’a pas les 700 € réclamés, certains établissements gardent le bébé jusqu’à ce que les parents paient, d’autres ne délivrent pas d’acte de naissance ou confisquent les papiers d’identité. Les parents déclarent alors le bébé sous un faux nom… ce sont eux « les bébés fantômes ».
Le budget de la Grèce pour les hôpitaux publics a été réduit de 25%, et les dépenses pharmaceutiques du gouvernement ont été réduites de moitié, ce qui fait qu’il est devenu impossible de se procurer certains médicaments. Dans un pays où le taux de chômage est passé à 26,5%, plus de trois millions de personnes (27,7% de la population) n’ont plus accès à la santé publique.
Dans une banlieue ouvrière d’Athènes, un pédiatre qui travaille dans  un dispensaire animé par Médecins du monde déclare :  « Je suis allé en Ouganda, ça se passe mieux là-bas ».


Dossier photographique,site web du POI














mercredi 28 mai 2014

Sourds et aveugles,mais KO debout !

Sourds et aveugles,mais KO debout !



La sanction est tombée et avec elle un message clair,net et sans appel,le peuple de ce pays n'en peut plus de l'Union européenne et de ses valets et il l'a fait savoir et cela par tous les moyens dont il disposait.
L'abstention,à près de 60%,mais surtout une abstention populaire,ce sont les travailleurs,les jeunes ,les électeurs de gauche qui massivement ont refusé d'aller voter,c'est le premier résultat important de la soirée.
Le PS perd quelques 16 millions de voix par rapport à la présidentielle et même des dizaines de milliers de voix par rapport aux européennes de 2009 - alors que cette année les inscrits sont 260 000 de plus. Il creuse ainsi son plus mauvais score de l’Histoire.
Mais le PS d’Hollande-Valls emporte aussi avec lui toute la majorité gouvernementale : les Verts perdent près de la moitié de leurs voix de 2009 ; avec à peine plus d’un million de voix et 6%, le Front de gauche est lui-même en dessous de son score de 2009 et à des années lumières de son score de la présidentielle de 2012 (11,10% et 3 984 822 voix).
Dans ce théâtre de décombres, le Front national semble caracoler en tête. Il siphonne assurément des voix des électeurs de l’UMP et de ses alliés de droite qui perdent plus de 2 millions de voix par rapport à 2009. Il résiste mieux aussi sans doute à l’abstention. Le FN perd cependant quelques 2 millions de voix par rapport aux présidentielles de 2012 où Marine Le Pen avait fait 6 421 426 voix. (*)
Quand les bureaux de vote des quartiers ouvriers affichent une abstention à 80% ,c'est une indication claire du caractère de classe de cette abstention massive
Le PS est battu,ses candidats balayés,Vincent Peillon laminé à 12%,ce n'est pas seulement l'Union européenne qui est rejetée,mais aussi et surtout le gouvernement qui s'obstine et s'acharne à appliquer sa politique,c'est la leçon principale de ces élections,bien plus importante que le score du Front National.
Il n'est qu'à attendre le discours hallucinant de Valls qui reconnaît l'ampleur et la gravité du rejet et de la colère qu'expriment ces résultats et termine en annonçant la poursuite de la même politique,pour comprendre que nous allons vers un choc majeur.
Comment après une telle claque,une raclée si mémorable,ce gouvernement pourrait-il poursuivre la même politique,alors que ce sont sa survie et sa légitimité même qui sont gravement menacés.
Comment les millions qui se sont abstenus,ceux qui ont choisi le vote protestataire,les militants et les cadres des partis ouvriers et des organisations syndicales,pourraient-ils ne pas chercher la voie du combat victorieux contre le Pacte de responsabilité,pour sauver la Sécurité sociale du pillage annoncé de 30 milliards ?
Comment les élus de toutes tendances pourraient-ils accepter la disparition des départements,le dépeçage du territoire,l’asphyxie des communes à qui on voudrait soustraire 11 milliards de recettes ?
Comment les instituteurs,les parents,qui ont fait connaître par tous les moyens possibles leur hostilité à la Réforme des rythmes scolaires,comment les élus et les maires pourraient-ils ne pas ne sentir justifiés dans leur résistance à cette Réforme qui siphonne les budgets communaux. ?
Voila quelques unes des questions qui vont prendre une actualité brûlante dans les jours et les semaines qui viennent et qui devront bien trouver une réponse


jeudi 24 avril 2014

LE SOURIRE À VISAGE HUMAIN

Notre époque ne produit pas que des terreurs innommables, prises d’otages à la chaîne, réchauffement de la planète, massacres de masse, enlèvements, épidémies inconnues, attentats géants, femmes battues, opérations suicide. Elle a aussi inventé le sourire de Ségolène Royal. C’est un spectacle de science-fiction que de le voir flotter en triomphe, les soirs électoraux, chaque fois que la gauche, par la grâce des bien-votants, se trouve rétablie dans sa légitimité transcendantale. On en reste longtemps halluciné, comme Alice devant le sourire en lévitation du Chat de Chester quand le Chat lui-même s’est volatilisé et que seul son sourire demeure suspendu entre les branches d’un arbre.


On tourne autour, on cherche derrière, il n’y a plus personne, il n’y a jamais eu personne. Il n’y a que ce sourire qui boit du petit-lait, très au-dessus des affaires du temps, indivisé en lui-même, autosuffisant, autosatisfait, imprononçable comme Dieu, mais vers qui tous se pressent et se presseront de plus en plus comme vers la fin suprême.
C’est un sourire qui descend du socialisme à la façon dont l’homme descend du cœlacanthe, mais qui monte aussi dans une spirale de mystère vers un état inconnu de l’avenir où il nous attend pour nous consoler de ne plus ressembler à rien.
C’est un sourire tutélaire et symbiotique. Un sourire en forme de giron. C’est le sourire de toutes les mères et la Mère de tous les sourires.
Quiconque y a été sensible une seule fois ne sera plus jamais pareil à lui-même.
Comment dresser le portrait d’un sourire ? Comment tirer le portrait d’un sourire, surtout quand il vous flanque une peur bleue ? Comment faire le portrait d’un sourire qui vous fait mal partout chaque fois que vous l’entrevoyez, mal aux gencives, mal aux cheveux, aux dents et aux doigts de pieds, en tout cas aux miens ?
Comment parler d’un sourire de bois que je n’aimerais pas rencontrer au coin d’un bois par une nuit sans lune ?
Comment chanter ce sourire seul, sans les maxillaires qui devraient aller avec, ni les yeux qui plissent, ni les joues ni rien, ce sourire à part et souverain, aussi sourd qu’aveugle mais à haut potentiel présidentiel et qui dispose d’un socle électoral particulièrement solide comme cela n’a pas échappé aux commentateurs qui ne laissent jamais rien échapper de ce qu’ils croient être capables de commenter ?
C’est un sourire qui a déjà écrasé bien des ennemis du genre humain sous son talon de fer (le talon de fer d’un sourire ? la métaphore est éprouvante, j’en conviens, mais la chose ne l’est pas moins) : le bizutage par exemple, et le racket à l’école. Ainsi que l’utilisation marchande et dégradante du corps féminin dans la publicité.
Il a libéré le Poitou-Charentes en l’arrachant aux mains des Barbares. Il a lutté contre la pornographie à la télé ou contre le string au lycée. Et pour la cause des femmes. En reprenant cette question par le petit bout du biberon, ce qui était d’ailleurs la seule manière rationnelle de la reprendre ; et de la conclure par son commencement qui est aussi sa fin.
On lui doit également la défense de l’appellation d’origine du chabichou et du label des vaches parthenaises. Ainsi que la loi sur l’autorité parentale, le livret de paternité et le congé du même nom. Sans oublier la réforme de l’accouchement sous X, la défense des services publics de proximité et des écoles rurales, la mise en place d’un numéro SOS Violences et la promotion de structures-passerelles entre crèche et maternelle.
C’est un sourire près de chez vous, un sourire qui n’hésite pas à descendre dans la rue et à se mêler aux gens. Vous pouvez aussi bien le retrouver, un jour ou l’autre, dans la cour de votre immeuble, en train de traquer de son rayon bleu des encoignures suspectes de vie quotidienne et de balayer des résidus de stéréotypes sexistes, de poncifs machistes ou de clichés anti-féministes. C’est un sourire qui parle tout seul. En tendant l’oreille, vous percevez la rumeur sourde qui en émane et répète sans se lasser : « Formation, éducation, culture, aménagement du territoire, émancipation, protection, développement durable, agriculture, forums participatifs, maternité, imaginer Poitou-Charentes autrement, imaginer la France autrement, imaginer autrement autrement. »
Apprenez cela par cœur, je vous en prie, vous gagnerez du temps.
Je souris partout est le slogan caché de ce sourire et aussi son programme de gouvernement. C’est un sourire de nettoyage et d’épuration. Il se dévoue pour en terminer avec le Jugement Terminal. Il prend tout sur lui, christiquement ou plutôt ségolènement. C’est le Dalaï Mama du III e millénaire. L’Axe du Bien lui passe par le travers des commissures. Le bien ordinaire comme le Souverain Bien. C’est un sourire de lessivage et de rinçage. Et de rédemption. Ce n’est pas le sourire du Bien, c’est le sourire de l’abolition de la dualité tuante et humaine entre Bien et Mal, de laquelle sont issus tous nos malheurs, tous nos bonheurs, tous nos événements, toutes nos vicissitudes et toutes nos inventions, c’est-à-dire toute l’Histoire. C’est le sourire que l’époque attendait, et qui dépasse haut la dent l’opposition de la droite et de la gauche, aussi bien que les hauts et les bas de l’ancienne politique.
Un sourire a-t-il d’ailleurs un haut et un bas ? Ce ne serait pas démocratique. Pas davantage que la hiérarchie du paradis et de l’enfer. C’est un sourire qui en finit avec ces vieilles divisions et qui vous aidera à en finir aussi. De futiles observateurs lui prédisent les ors de l’Élysée ou au moins les dorures de Matignon alors que l’affaire se situe bien au-delà encore, dans un avenir où le problème du chaos du monde sera réglé par la mise en crèche de tout le monde, et les anciens déchirements de la société emballés dans des kilomètres de layette inusable.
Quant à la part maudite, elle aura le droit de s’exprimer, bien sûr, mais seulement aux heures de récréation. Car c’est un sourire qui sait, même s’il ne le sait pas, que l’humanité est parvenue à un stade si grave, si terrible de son évolution qu’on ne peut plus rien faire pour elle sinon la renvoyer globalement et définitivement à la maternelle.
C’est un sourire de salut public, comme il y a des gouvernements du même nom.
C’est évidemment le contraire d’un rire. Ce sourire-là n’a jamais ri et ne rira jamais, il n’est pas là pour ça. Ce n’est pas le sourire de la joie, c’est celui qui se lève après la fin du deuil de tout.
Les thanatopracteurs l’imitent très bien quand ils font la toilette d’un cher disparu



. En hommage à Philippe Muray