dimanche 23 octobre 2016

Le viol de Nankin (13 Décembre 1937), un crime de guerre que la Chine ne peut oublier

Le viol de Nankin (13 Décembre 1937), un crime de guerre que la Chine ne peut oublier

Présentation

La proclamation de la République populaire de Chine le 1 Octobre 1949 ne marque pas seulement la victoire des communistes chinois, elle marque ausi la fin d’une longue période de domination et d’occupation étrangère. La Chine, avec la prise du pouvoir par les communistes referme une longue et tragique période de son histoire où elle avait perdu son indépendance et sa souveraineté
Le  massacre de Nankin, commis par l’armée impériale japonaise contre une population livrée à sa merci constitue sans doute l’épisode le plus  atroce de l’Histoire de la Chine et reste aujourd’hui l’un des principaux fondements de la conscience nationale et de la mémoire collective des Chinois.
L’impérialisme japonais dans son développement se heurta très vite à l’étroitesse de son territoire national et à la faiblesse de sa population et de ses ressources.
Son besoin d’un « espace vital », au sens strict que les Nazis donnaient à ce terme,se heurtait à l’obstacle absolu que constituaient l’Empire britannique et les possessions coloniales françaises et néerlandaises.
La Chine était une proie offerte, affaiblie, divisée, déchirée par les puissances impérialistes, elle ne pouvait offrir aucune résistance à la soif de conquête des Japonais.
Du point de vue japonais, la Chine offrait l’immense avantage de l’étendue de son territoire et de ses ressources et surtout de sa population que l’on projetait de réduire au servage le plus brutal.
Il faut comprendre que dans les milieux impériaux japonais, dans la caste des officier et une grande partie de la population japonaise, les chinois sont vus comme une race inférieure, un peuple de coolies voués à servir ses nouveaux maîtres.
En un mot,  la vision japonaise de la Chine correspond à celle que les Nazis se font du monde slave, une terre de conquêtes et un peuple voué à la domination la plus brutale et aux formes les plus barbares de l’exploitation, plus proches du travail forcé que du salariat moderne.
Il y a,  comme en Allemagne la résurgence ou la survivance d’un passé féodal et des exigences de l’exploitation capitaliste poussée jusqu’au point où même la survie biologique de la force de travail n’est plus assurée
Le massacre de Nankin, qui a surpris et choqué les historiens par son épouvantable niveau de barbarie et de cruauté, ne peut être compris que dans ce contexte, un contexte dans lequel les soldats japonais sont éduqués et formés dans la haine et le mépris des chinois, jusqu’au point de la négation de leur humanité même
Avertissement: J’ai retiré de ce dossier les photos les plus atroces et les récits les plus insoutenables, malgré ces précautions les quelques photos et les témoignages que je publie ont une telle intensité dramatique qu’ils pourront choquer les plus sensibles.

LE VIOL DE NANKIN, Premier acte.

Quand les premiers soldats japonais entrent le 13 décembre 1937 à Nankin, la capitale de la Chine nationaliste a été évacuée le mois précédent par le général Tchang Kaï-chek (surnommé le  » Gimo « ). Abandonnée par une grande partie de sa population, la métropole a en revanche accueilli des centaines de milliers de réfugiés. Cela fait cinq mois que la guerre sino-japonaise fait rage. Les Japonais, malgré la résistance chinoise, sont entrés en force pour occuper sa capitale historique – Pékin, alors appelée Peiping, la  » Paix du Nord  » – sa capitale économique, Shanghai, et Canton, la capitale du Sud.
La violence avait déjà régné lors de la longue bataille pour Shanghai, l’armée japonaise écrasant civils et militaires sous un déluge de feu. Mais c’est pendant ce que l’on a appelé le  » sac de Nankin  » – en anglais, on dit avec plus de réalisme le  » viol de Nankin  » – que l’horreur a atteint son paroxysme.



Sac de Nankin
Sac de Nankin

L’extermination des soldats chinois

Le massacre fut délibéré et sans pitié. Les violences durèrent plusieurs semaines, même si l’essentiel du massacre eut lieu dans les premiers jours : en janvier, plusieurs milliers de « soldats en civil » étaient encore arrêtés pour être exécutés. Rares furent ceux qui échappèrent à la mort. Même à l’intérieur de la Zone de sécurité, les camps de réfugiés étaient passés au peigne fin. Tous les Chinois devaient être enregistrés à partir du 26 décembre. Selon Rabe, 20 000 arrestations eurent lieu ainsi11. Tous les hommes en âge de combattre étaient examinés de près : une coupe de cheveux militaire, un front plus pâle que le reste du visage (les soldats portaient des casques) ou une marque rouge sur l’épaule qui porte le fusil étaient autant de condamnations à mort. Des milliers de civils de sexe masculin appartenant au groupe d’âge 15-45 ans (peu nombreux car beaucoup avaient fui la ville en laissant leur famille derrière eux) furent pris dans les mailles du filet. Les officiers japonais préféraient arrêter tout homme qui aurait pu être un soldat, selon le principe « mieux vaut dix innocents morts qu’un ex-soldat en liberté ». La directive émise le soir du 13 décembre par la 6e brigade de la 9e division est, à ce titre, révélatrice : « … vous devez arrêter toute personne susceptible d’être un soldat en civil et le tenir prisonnier dans un lieu approprié (…) Vous devez considérer tout homme adulte jusqu’à la cinquantaine comme un soldat égaré ou en civil, et par conséquent l’arrêter et le tenir prisonnier »
En ce qui concerne les exécutions, les ordres furent probablement transmis oralement ou écrits dans le style ambigu caractéristique des « solutions finales ». Quelques directives extrêmement explicites nous sont malgré tout parvenues. Ainsi, l’ordre reçu le 13 décembre par le 1er bataillon du 66erégiment d’infanterie, 114edivision : « Vous exécuterez tous les prisonniers conformément aux ordres de votre brigade. En ce qui concerne la méthode d’exécution, pourquoi ne pas constituer des groupes de douze soldats que vous attacherez ensemble et fusillerez les uns après les autres ?
Un tel modus operandi était déterminé par la recherche de la rapidité, de l’efficacité et de l’effet de surprise. De nombreux prisonniers de guerre furent passés à la baïonnette ou décapités au sabre – ce que les soldats japonais considéraient comme une distraction de première qualité et leurs chefs comme un bon entraînement – mais, vu l’ampleur de la tâche, il était plus rapide et plus pratique de concentrer le feu de plusieurs mitrailleuses sur des groupes plus importants, puis de brûler les corps avec de l’essence. Il y eut des survivants, d’où les informations abondantes dont nous disposons sur ces exécutions. Les cibles, les procédés et les résultats furent partout plus ou moins les mêmes, et ce quelle que soit l’unité japonaise impliquée, la date ou l’attitude des prisonniers de guerre. Aucun groupe important de prisonniers n’échappa à la mort pour être envoyé dans un camp ou pour être libéré. Les plus chanceux furent choisis pour être coolies par une armée japonaise souffrant d’un déficit logistique chronique. Mais même ces derniers finissaient souvent exécutés lorsque l’on n’avait plus besoin d’eux ou lorsque les soldats voulaient se distraire. La déception exprimée par l’officier d’état-major Sakakibara en témoigne : « Je comptais utiliser les prisonniers comme main-d’œuvre à Shanghai, mais ils furent tués alors que j’étais en déplacement ». D’après ce que nous savons, aucun soldat japonais ne fut puni pour ces crimes, du moins durant cette période.
Le but était de gagner la guerre, mais aussi d’anéantir la base du Guomindang. Les fonctionnaires étaient donc considérés comme des ennemis. Plus de 50 des 400 policiers « offerts » par l’ancienne municipalité au Comité international furent ainsi arrêtés et exécutés, de même que quelques balayeurs des rues et 43 des 54 employés restés à leur poste dans la centrale électrique et considérés à tort (ils appartenaient au secteur privé) comme des fonctionnaires d’Etat.

Les multiples violences contre les civils.

source: perspectives chinoises
La troisième et dernière catégorie de violences a touché les civils en tant que civils et non plus, comme ce fut le cas pour les hommes jeunes, en tant que soldats potentiels. Plus profondes, plus étalées dans le temps mais moins systématiques et meurtrières, ces violences peuvent être divisées en trois sous catégories. Les innombrables viols (de 8 000 à 20 000 d’après les témoins occidentaux) furent plus que toute autre chose à l’origine de l’atmosphère de terreur qui régnait parmi les réfugiés durant cette période. Si le nombre de femmes appartenant à la tranche d’âge la plus exposée (entre 15 et 40 ans) peut être évalué à un maximum de 50 000 (voir partie 2 pour les chiffres relatifs à la population), et même si l’on prend en compte les fréquents viols multiples qui leur furent infligés, nous pouvons conclure sans prendre trop de risques que, dans ce court intervalle de deux mois, une proportion très importante de ce groupe d’âge (probablement entre 10 et 30 %) fut victime de crimes sexuels. D’après les membres du Comité international, plus de 1 000 femmes pouvaient être violées certains jours (ou, plus précisément, certaines nuits) de décembre. Aucune femme ne pouvait se sentir à l’abri : sur le seul campus de l’université, la plus jeune victime recensée avait 9 ans et la plus âgée 76 ans.
Plusieurs facteurs aggravants sont à prendre en compte : les soldats agissaient généralement en petits groupes, la plupart des viols semblent donc avoir été collectifs ; les viols se déroulaient souvent sous les yeux d’autres femmes réfugiées, et, bien que moins fréquemment, en présence des familles terrorisées ; les femmes étaient souvent emmenées dans les lieux de casernement des soldats et n’étaient libérées que le matin suivant, et parfois après plusieurs jours ou plusieurs semaines – dans ce cas, elles pouvaient être utilisées comme servantes le jour et esclaves sexuelles la nuit ; la violence (encore une fois à l’aide de la baïonnette) était la règle lorsque la victime ou ses proches résistaient et le meurtre n’était pas rare, même s’il n’était pas non plus monnaie courante. Bien souvent, les femmes étaient poussées ou forcées à se prostituer : il semblerait que le dégradant système des « femmes de réconfort » soit né à Nankin avant de s’étendre plus tard à d’autres régions.
Nous venons de mentionner le meurtre des membres de la famille (amis, voisins) au cours d’un viol. Plus généralement, le moindre obstacle à la volonté des soldats japonais, la plus légère réticence à suivre leurs ordres (généralement donnés en japonais, parfois dans un chinois approximatif…), toute tentative de se cacher ou de fuir pouvait être punie de mort. D’après le Révérend John Magee du Comité international, les soldats japonais « ne se sont pas contenté de tuer les prisonniers, ils s’en sont également pris aux citoyens ordinaires, tous âges confondus. Nombre d’entre eux ont été tirés à vue comme des lapins. La ville est jonchée de cadavres1 (…) Les Chinois sont souvent peureux et se mettent bêtement à courir lorsqu’ils sont interpellés. C’est ce qui s’est passé avec cet homme (…) Lorsqu’ils l’ont tué, les deux soldats japonais n’ont pas fait plus cas de lui que s’il s’était agi d’un rat, continuant à fumer et à plaisanter »
Ces meurtres, que l’on pourrait presque qualifier d’aveugles, constituent la deuxième sous-catégorie de violences perpétrées à l’encontre de la population civile. L’enquête la plus approfondie sur ces violences a été réalisée après mars 1938 par un sociologue de l’Université de Nankin membre du Comité international, Lewis S.C. Smythe. Il fut aidé dans cette tâche par une vingtaine d’étudiants. Les chiffres recensés pour les villages du Jiangning xian, proche de Nankin, sont particulièrement révélateurs : sur 9 160 meurtres, plus des trois quarts concernent des hommes. 59 % d’entre eux font partie du groupe d’âge 15-44 ans et furent donc généralement considérés comme soldats potentiels. Mais seulement 11 % des meurtres de femmes concernent ce même groupe d’âge – celui dans lequel on compte le plus de viols – alors que 83 % concernent les femmes de 45 ans et plus (et 39 % les femmes de 60 ans et plus). Ces données semblent confirmer ce que démontrait déjà un grand nombre de cas individuels : les personnes âgées, et particulièrement les femmes âgées, sont restées pour tenter de protéger leur maison ou leur commerce tandis que leurs familles, pensant qu’elles seraient épargnées par les Japonais, s’étaient cachées ou réfugiées dans les camps de la Zone de sécurité. En réalité, les soldats japonais les ont rarement épargnées lors des pillages et incendies auxquels ils se livraient. Nombre d’entre elles ont ainsi été brûlées vives dans leur propre maison. Par ailleurs, de nombreuses mères et grand-mères sont mortes pour avoir tenté de s’opposer au viol de leur fille ou petite-fille. De nombreux cas individuels semblent indiquer que les membres de la famille étaient plus souvent exécutés que la victime du viol elle-même. Les statistiques de Smythe nous fournissent une dernière information importante concernant les enfants : le groupe d’âge 5-14 ans représente 8 % des morts (légèrement plus de garçons que de filles), et le groupe d’âge 0-4 ans environ 2 %. Les Japonais n’étaient donc pas des tueurs d’enfants acharnés.
La troisième et dernière sous-catégorie de violences contre les civils concerne les innombrables pillages et actes incendiaires qui rendaient la vie pratiquement impossible dans les quartiers situés en dehors de la Zone de sécurité. Dans une ville pourtant peu touchée par la guerre elle-même, environ un tiers des bâtiments fut entièrement ou partiellement détruit, et ce de façon systématique, pendant plusieurs semaines. Les habitants furent dévalisés, même du peu d’objets et de nourriture qu’ils avaient pu emporter dans les camps de réfugiés. Pire encore : le pillage méthodique, rue après rue, de magasins qui étaient ensuite brûlés. Les commerces ne bénéficiaient pas de la protection du Comité international, la Zone de sécurité regroupant principalement les bâtiments administratifs, scolaires et médicaux. Ces pillages étaient bien organisés. Les officiers dirigeaient leurs hommes dans ces expéditions peu glorieuses ; des convois entiers de camions transportaient les biens volés. Les plus haut gradés profitaient parfois sans vergogne de ces razzias. Le lieutenant général Nakajima Kesago – ancien chef de la police militaire, la redoutableKempeitai – répondit ainsi à son commandant en chef, le général Matsui Iwane, qui le blâmait pour sa cupidité : « En quoi le vol d’œuvres d’art est-il si grave quand c’est tout un pays avec ses vies humaines que nous volons ? A qui profiteront ces biens si nous les laissons derrière nous ? »19. Son cynisme mis à part, cette remarque nous renseigne sur les véritables intentions des Japonais (ou d’une partie des Japonais ?) : il ne s’agissait certainement pas de se livrer à un génocide de la population chinoise, mais de provoquer son appauvrissement, la désintégration de la société, la dislocation des structures politiques et la dégradation de la culture. Ce projet fait écho à la tentative japonaise de diviser la Chine en autant de territoires que possible (cette politique fut revisée en 1939-1940 en raison de la résistance inattendue des Chinois) et à l’inquiétant développement du commerce de produits stupéfiants qui avait alarmé le Comité international dès le printemps 1938. Nous développerons ces points dans la troisième partie de l’article.

Tortures, viols et meurtres.

Les témoignages des rares étrangers restés sur place sont terribles : viols, exécutions, massacres en masse… Les femmes étaient violées sur place, écolières dans leurs dortoirs, infirmières dans les hôpitaux, Volonté d’humilier tout un peuple, obsession sexuelle d’hommes soumis à une violence institutionnalisée, qui traumatisèrent toute une ville, tout un peuple.
Enfants et vieillards sont sauvagement massacrés ainsi que les quelques rares soldats restés dans la ville.
Le nombre des victimes de cette dizaine de jours d’orgie meurtrière n’a jamais été établi avec certitude. Robert Guillain, alors tout jeune envoyé spécial de l’agence Havas en Chine, donne dans ses souvenirs le chiffre de 200 000 victimes.
Après quelques jours de cette tuerie, les artères de la ville sont jonchées de monceaux de cadavres
(43 000 selon la Croix-Rouge chinoise). Ces corps sont laissés sur place au risque de provoquer des épidémies.
Des témoins ont évoqué le raffinement des supplices que les Japonais faisaient subir à leurs victimes.
Les meurtres et les viols ne suffisent pas ; les militaires inventent de nouveaux procédés : ils font déshabiller les hommes et les femmes puis les laissent mourir de froid ; ils les enterrent vivants ; les obligent à boire du kérosène ou les éventrent à coup de baïonnette.
Les femmes ont été les principales cibles de cette barbarie ; fillettes, femmes enceintes ou âgées, les viols sont suivis du meurtre ou de mutilations.

Récits et témoignages.

La ville de Nankin abritait beaucoup d’étrangers, dont la plupart ont réussi à communiquer les atrocités commises à Nankin, via des lettres ou des journaux. Le révérend James McCallum écrit ainsi : 
Je ne sais pas quand cela se terminera. Jamais je n’ai entendu ou lu autant de brutalité. Viol ! Viol ! Viol ! Nous estimons au moins 1 000 cas par nuit et beaucoup de jour. En cas de résistance ou tout ce qui ressemble à une réprobation, il y a un coup de baïonnette ou une balle… Les gens sont hystériques… Les femmes sont emportées chaque matin, après-midi et soir. Toute l’armée japonaise semble libre d’aller et venir comme elle veut et de faire ce qui lui plaît.
Source citation : Hua-ling Hu, American Goddess at the Rape of Nanking: The Courage of Minnie Vautrin, 2000, p. 97
Le 10 février 1938, le secrétaire de légation de l’ambassade allemande
Durant le règne de la terreur japonais à Nankin – qui en tout cas continue à ce jour dans des proportions incroyables – le révérend John Magee, membre de la mission de l’église épiscopale américaine qui est sur place depuis près de vingt-cinq ans, a filmé des images qui sont un témoignage éloquent des atrocités perpétrées par les Japonais… Nous allons maintenant attendre et voir si les hauts officiers japonais réussiront, comme ils l’ont promis, à stopper les activités de leurs troupes, qui continuent encore aujourd’hui.

Le 13 décembre, environ 30 soldats sont venus à la maison chinoise au 5 rue Hsing Lu Koo, dans le quartier sud-est de Nankin et ont demandé à entrer. La porte a été ouverte par le propriétaire, un musulman appelé Ha.
Ils l’ont tout de suite tué avec un revolver et également Mme Ha, qui s’est agenouillée devant eux après la mort de son mari, les suppliant de ne tuer personne d’autre. Mme Ha leur a demandé pourquoi ils ont tué son mari et ils l’ont abattue. Mme Hsia a été traînée de dessous une table dans la salle des invités où elle a tenté de se cacher avec son bébé âgé d’un an. Après avoir été déshabillée et violée par un ou plusieurs hommes, elle a reçu un coup de baïonnette dans la poitrine et une bouteille a ensuite été introduite dans son vagin. Le bébé a été tué à la baïonnette.

Certains soldats sont ensuite allés dans la pièce suivante, où se trouvaient les parents de Mme Hsia, âgés de 76 et 74 ans, et ses deux filles de 16 et 14 ans. La grand-mère a essayé de protéger les deux filles du viol des soldats. Ils l’ont tuée avec un revolver. Le grand-père a saisi le corps de sa femme et a été tué. Les deux filles ont été ensuite déshabillées, la plus âgée violée par 2 ou 3 hommes et la plus jeune par trois hommes. La fille la plus âgée a été poignardée et un bâton introduit dans son vagin. La plus jeune a reçu des coups de baïonnette mais a été épargnée du traitement horrible subi par sa sœur et sa mère. Les soldats ont ensuite donné des coups de baïonnette à une autre sœur de 7-8 ans qui était aussi dans la pièce. Les derniers meurtres dans cette maison sont ceux des deux enfants des Ha, âgés respectivement de 4 et 2 ans. Le plus âgé a été tué à la baïonnette et le plus jeune à l’épée.
le chirurgien Robert O. Wilson écrit à sa famille en 1937
Le massacre de civils est épouvantable. Je pourrais écrire des pages de cas de viol et de brutalité presque incroyables. Deux corps passés à la baïonnette sont les seuls survivants de sept balayeurs qui étaient assis sur leur siège lorsque les soldats japonais sont arrivés sans avertissement ou raison et ont tué cinq d’entre eux et blessé les deux qui ont réussi à trouver le chemin de l’hôpital.

Laissez-moi raconter certains cas qui ont eu lieu ces deux derniers jours. La nuit dernière la maison d’un des membres chinois du personnel de l’Université a été détruite et deux des femmes, qui sont parentes avec lui, ont été violées. Deux filles d’environ 16 ans ont été violées à mort dans un camp de réfugiés. Dans l’Université où se trouvent 8 000 personnes, les Japonais sont venus dix fois dans la nuit, passant au-dessus du mur, pour voler de la nourriture, des vêtements et violer jusqu’à satisfaction. Ils ont donné cinq coups de baïonnette à un petit garçon de huit ans dont un dans l’estomac, une partie de son épiploon (partie de l’intestin grêle, ndT) se retrouvant hors de son abdomen. Je pense qu’il va vivre.

Le témoignage de Madame Li, survivante du massacre

La tête inclinée, à l’aise dans son vieux costume gris, elle raconte ce matin du 19 décembre 1937, quand les soldats japonais ont fait irruption dans l’abri où elle se cachait depuis plusieurs jours avec 70 autres personnes. «Ces abris avaient été mis en place par les ambassades étrangères. Nous étions une quarantaine de femmes, la plupart étaient très jeunes. Les hommes s’occupaient du ravitaillement et sortaient souvent, car il n’y avait pas d’eau à l’intérieur. Nous nous croyions en sécurité.» Le récit est presque mécanique. Puis au fil de la conversation, la vieille dame s’agite, semble revivre les souffrances qui remontent. «Les Japonais ont d’abord emmené les hommes. Plus tard, ils sont revenus. Nous savions qu’ils allaient nous violer.» Enceinte de sept mois, Li, alors âgée de 19 ans, a voulu se tuer. Elle mime: «J’ai tapé ma tête contre le mur de pierre et j’ai fini par m’évanouir.» 37 coups de couteau. Laissée pour morte, la jeune Li y a réchappé une première fois. Mais de nouveau, des soldats sont venus l’après-midi. «Ils étaient trois. L’un d’entre eux a fait sortir les autres et s’est rué aussitôt sur moi pour m’arracher mes vêtements. Mon chandail était très serré.» Un sourire pudique glisse sur son visage, à l’évocation de la jeune fille qu’elle était. Puis elle se redresse. «Alors, avec toute ma rage, je me suis battue. Je l’ai mordu, griffé au visage, il était en sang. J’ai même réussi à lui prendre son couteau. Mais les deux autres ont fini par venir à son secours.» Et puis l’horreur. «Ils m’ont battue à coups de couteau. J’ai reçu 37 coups de lame. D’abord aux jambes.» Elle montre ses jambes. «Ensuite au visage. Sur tout le visage.» Alors, elle vous prend la main pour tâter ses joues. Elle sait que les rides ont aujourd’hui quasiment recouvert les stigmates de son calvaire. Elle ne dira pas si les soldats ont abusé d’elle.

Sur cette photo d’archives, des chinois sont enterrés vifs

Crimes et châtiment

Le procès de Tokyo, institué par MacArthur, pour juger les crimes commis en Asie. Sept condamnations à mort par pendaison ont été prononcées en 1948 dont celle de Hirota, accusé plus particulièrement des atrocités perpétrées en Chine . Library of Congress
Le procès de Tokyo, institué par MacArthur, pour juger les crimes commis en Asie. Sept condamnations à mort par pendaison ont été prononcées en 1948 dont celle de Hirota, accusé plus particulièrement des atrocités perpétrées en Chine . Library of Congress

dimanche 20 décembre 2015

Grand meeting pour la levée de l’état d’urgence samedi 23 janvier 14h30 à l’Espace Charenton (Paris 12è)

Grand meeting pour la levée de l’état d’urgence samedi 23 janvier 14h30 à l’Espace Charenton (Paris 12è)


Grand meeting pour la levée de l’état d’urgence
le samedi 23 janvier 2016

Le 3 décembre, nous étions 333 à lancer l’appel « pour la levée de l’état d’urgence ».
Le 14 décembre, cet appel des 333 devenait l’appel des 1 000.
Aujourd’hui, ce sont environ 10 000 travailleurs, jeunes, salariés, retraités, exprimant une grande diversité politique, syndicale, associative, professionnelle et géographique, qui, de toute la France, ont signé l’appel « pour la levée de l’état d’urgence ».

Le 23 janvier à Paris, soyons présents au grand meeting d’unité pour la levée de l’état d’urgence
A 14 h 30, Espace Charenton, 327, rue de Charenton, 75012 Paris (M° Porte-de-Charenton)
Ils prendront la parole :
  • Pouria Amirshahi, député PS
  • Esther Benbassa, sénatrice, vice-présidente de la commission des lois
  • Patrick Baudouin, avocat, président d’honneur de la FIDH
  • Claude Charmont, syndicaliste, Seine-et-Marne
  • Denis Collin, philosophe
  • Sergio Coronado, député Vert
  • Jacques Cotta, journaliste et réalisateur
  • Dominique Coujard, magistrat honoraire, ancien président de cour d’assises de Paris
  • Daniel Gluckstein, secrétaire national du POID
  • Dominique Gros, universitaire
  • Jean-Jacques Karman, membre du conseil national du PCF
  • Eric Le Courtois, syndicaliste, Côtes-d’Armor
  • Noël Mamère, député
  • Jean-Jacques Marie, historien
  • Patrick Picard, syndicaliste, Paris
  • Clarisse Taron, Syndicat de la magistrature
  • Philippe Torreton, acteur

Avec l’état d’urgence, nous n’avons pu trouver de salle gratuite pour la tenue de ce meeting. Est donc louée une salle payante. Nous en appelons à l’aide financière de tous pour que puisse se tenir ce meeting (N’hésitez pas à nous faire savoir, dès maintenant, les versements que vous pourrez effectuer).
Pour les dons par chèques, les libeller à l’ordre suivant : Crédit mutuel compte 0603920920341
Les envoyer à l’adresse : Crédit mutuel Montmartre, 13 rue des abbesses, 75018 paris.
Versement par compte paypal à l’adresse : association.lasociale@orange.net
Pour les dons en ligne, un lien sera mis en service dans les jours qui viennent.
Pour tout contact : Jacques Cotta, tél. 06 19 84 80 60 ; Maurice Stobnicer, tél. 06 87 87 95 02 – Mail : appel-levee-etat-urgence@orange.fr

dimanche 6 décembre 2015

Premier bilan

Tous ensemble, les partis qui on assumé les politiques d'austérité depuis 30 ans ne réprésentent pas 18 % des électeurs inscrits.
Tous ensemble, PS, PCF,écologistes,LR, tous ceux qui depuis des décennies se sont soumis à tous les plans et à toutes les injonctions de l'Union européenne sont balayés, battus, défaits.Le gouvernement Hollande Valls, ce gouvernement des milliards versés aux patrons au nom du Pacte de Responsabilité, ce gouvernement est seul ce soir devant un pays hostile,devant des millions de travailleurs qui dans tous les quartiers ouvriers se sont abstenus massivement. ;
Ce gouvernement qui voudrait soumettre tous le pays à l'état d'urgence et au nom de l'état d'urgence soumettre les syndicats et interdire les manifestations ouvrières, ce gouvernement de guerre et de misère ne dispose d'aucun soutien dans les usines,les bureaux ou les campagnes.
Il en a fallu des reniements ,des trahisons, des plans Macron et Touraine, des lois et des menaces contre les communes et les départements ,contre la République elle même pour en arriver à ce cataclysme.
Au moment où les sommets du Parti socialiste décident d'offrir leurs voix aux candidats de Sarkozy, plus que jamais se pose la nécessité et l'urgence d'un débat d'une discussion entre tous les militants pour jeter les bases d'une nouvelle représentation politique
La voie de la soumission aux capitalistes et aux banquiers ,la voie de la soumission à l'Union européenne, cette voie est celle de la défaite, celle qui ouvrirait la voie aux pires aventures ;
Dans l'histoire de ce pays, ce sont toujours les ouvriers, les paysans et la jeunesse qui ont été les défenseurs de la République et il en sera encore ainsi.
Cette défense, ils l'exerceront avec leurs moyens,leurs méthodes,leurs objectifs, ceux de la lutte des classes,ceux de la mobilisation,de la levée en masse pour la reconquête de tous les droits ouvriers et démocratiques.
Il n'est pas d'autre voie et il n'y en aura jamais d'autres,telles sont quelques unes des leçons que nous pouvons commencer à tirer ce soir

samedi 5 décembre 2015

La très soudaine et suspecte conversion de Total et d’Engie à la lutte contre le réchauffement climatique

La très soudaine et suspecte conversion de Total et d’Engie à la lutte contre le réchauffement climatique

source: basta

Présentation

Au moment où l'on veut nous faire croire qu'Hollande ou Obama vont sauver la planète, cet article trouvé sur un site  web nous fournit un éclairage important sur les enjeux financiers de cette Conférence sur le climat dont on nous rabat les oreilles
Les grandes multinationales omniprésentes et invitées officielles à cette conférence manifestent une sollicitude aussi soudaine qu'inattendue pour notre bonne vieille planète.
Comme chacun peut s'en douter, les capitalistes,les banquiers et les gouvernements à leur service ne se soucient ni des hommes ni des bêtes et la marche à la barbarie qu'ils organisent constitue la principale menace qui pèse sur tout ce qui vit et respire/alors pourquoi cette passion écologique qui les anime ?
Cet article  apporte quelques réponses bien instructives

Jacques



Conférence sur le climat oblige, une partie de l’industrie pétrolière et gazière tente de faire oublier son image de pollueur et d’amie des climato-sceptiques. Le groupe français Engie annonce vouloir se désintoxiquer du très polluant charbon et Total affiche son intérêt pour les énergies renouvelables. Que cache ce soudain engouement pour la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique, alors que leur concurrent états-unien Chevron se précipite vers les gisements de gaz de schiste ?
Les pétroliers seraient-ils en train de se convertir massivement à la protection de l’environnement ? On pourrait être tenté de le croire tant l’offensive médiatique se déploie : tribunes dans la presse, conférences et événements publics autour de la COP21, intensives campagnes publicitaires. Les géants du pétrole et du gaz, à commencer par les français Engie et Total, on mis leurs conseillers de communication au bord du burn out. Cette fois, assurent-ils, ils auraient définitivement abandonné toutes réticences à aborder sérieusement l’enjeu climatique et à accepter de réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre. « Les entreprises ont pris conscience de la gravité de l’enjeu climatique. Ce n’était pas vraiment le cas [lors des conférences sur le climat de] Copenhague et Johannesbourg », assure ainsi Gérard Mestrallet, PDG d’Engie [1].
Ce changement de ton augure-t-il d’un véritable changement de fond ? Non, si l’on en croit les Amis de la terre, qui ont nominé Engie et Total, mais aussi Chevron, au« prix Pinocchio du climat ». Les firmes pétrolières et gazières sont bien prêtes à abandonner le charbon, la plus polluante des énergies fossiles, mais seulement à condition de lui substituer le gaz – de schiste si possible. Et d’éviter toute forme de régulation contraignante, au profit de mécanismes « basés sur le marché », contrôlés par le secteur privé, comme l’illustre la revendication d’un « prix mondial du carbone ». Le tout au détriment d’une véritable transition énergétique [2]

Engie s’affiche en « leader européen de la transition énergétique »...

Aucune entreprise n’a autant misé sur la Conférence climat de Paris qu’Engie (anciennement GDF Suez). Sponsor officiel du sommet, ainsi que de plusieurs événements connexes comme Solutions COP21, le géant français de l’énergie a lancé une grande campagne de communication pour vanter ses investissements dans les énergies vertes et se présenter en « leader européen de la transition énergétique ». Ses dirigeants s’affichent aux côtés des ministres français et ne manquent pas une occasion de se poser en défenseur du climat auprès de leurs employés. Engie a même annoncé, il y a quelques semaines, l’abandon de tout nouveau projet de centrale à charbon, et notamment de deux projets contestés par les ONG environnementales en Afrique du Sud et en Turquie.
Pourquoi tout ceci ne suffit-il pas aux écologistes tatillons qui organisent les « prix Pinocchio du climat » ? Ils regrettent qu’Engie n’abandonne que des projets de centrales au charbon très incertains, tout en poursuivant d’autres projets en cours tout aussi polluants. Le groupe envisage bien de se débarrasser de ses centrales existantes. Plutôt que les fermer, Engie compte les revendre. L’entreprise continue à développer les autres énergies fossiles, pétrole et gaz, y compris du gaz de schiste, dans le cadre d’un joint-venture avec un fonds souverain chinois.
Surtout, le soudain zèle climatique des dirigeants d’Engie constitue un virage à 180 degrés par rapport à leur position d’il y a quelques mois, où ils pourfendaient les énergies renouvelables, estimant qu’on allait « trop vite » en matière de transition énergétique [3]. Pour les ONG, c’est le signe que derrière un changement apparent, la stratégie de l’entreprise demeure identique : une stratégie financière – Engie a distribué des dividendes deux fois supérieures en moyenne à ses profits – fondée sur l’accaparement de « rentes » énergétiques abondées par les pouvoirs publics, les citoyens et les usagers.

Gaz contre charbon : un jeu de dupes pour le climat

Du côté de Total, son effort de communication à l’approche de la COP21 consiste principalement à défendre la cause du gaz, présenté comme une énergie « propre » indispensable à une transition en douceur vers une économie bas carbone. On en oublierait presque que le gaz reste une énergie fossile, dont la combustion est l’une des principales sources du réchauffement. Considérer le gaz comme une énergie « propre » s’accorde mal avec l’expérience quotidienne de dizaines de communautés riveraines d’exploitations gazières, comme celles de Total au Nigeria (lire notre article). « L’engouement de Total pour le gaz n’est pas l’expression d’une soudaine préoccupation pour la crise climatique, mais qu’une défense de ses propres intérêts », estiment les Amis de la terre.
Plus grave encore, le gaz de schiste et les autres gaz dits « non conventionnels » – extraits au moyen de la fracturation hydraulique – sont probablement tout aussi nocifs pour le climat que le charbon. Le recours à la fracturation hydraulique entraîne des risques accrus de fissuration des puits de forage, avec pour résultat des fuites importantes de méthane dans l’atmosphère, un gaz 84 fois pire pour le climat que le dioxyde de carbone. Or Total, quel que soit le pays où le pétrolier opère, est un ardent promoteur des gaz non conventionnels [4].
La mise en lumière du véritable impact climatique du gaz de schiste a de quoi tempérer l’optimisme affiché suite aux annonces récentes de l’administration Obama. Celle-ci a mis l’accent sur la sortie du charbon [5]. Une bonne nouvelle, sauf l’extraction de gaz de schiste se poursuit et s’intensifie, compte-tenu des fuites de méthane. Le passage du charbon au gaz de schiste ressemble fort à un jeu de dupes pour le climat.

Chevron impose le gaz de schiste à l’Argentine

Pour Chevron et plus largement pour l’industrie pétrolière nord-américaine, en revanche, c’est une source potentielle de profits considérables. Elle n’a donc pas hésité à déployer les grands moyens pour imposer le gaz de schiste en Europe de l’Est, puis, avec plus de succès, en Argentine. Chevron se trouve en première ligne de la ruée des multinationales (comme Total et Shell [6]) sur la province de Neuquén, en Patagonie. Elle a été la première à obtenir une concession en 2013 et a su s’approprier les gisements les plus prometteurs.
En brandissant la promesse d’un investissement de plusieurs milliards de dollars dans le pays, Chevron a convaincu les autorités argentines de lui accorder des conditions d’exploitation et un régime fiscal extrêmement favorables. La compagnie a aussi menacé de renoncer à tous ses investissements au cas où les procédures intentées en Argentine par les victimes de ses crimes environnementaux en Équateur n’étaient pas rejetées [7]. Quelques jours à peine après que la Cour suprême ait finalement rendu un arrêt favorable à Chevron, son PDG John Watson signait en grande pompe son contrat de concession en Patagonie avec l’entreprise publique argentine YPF, en présence de la présidente argentine Cristina Kirchner. Les manifestations qui ont suivi ont été violemment réprimées (lire notre article).

La véritable cible des pétroliers : la transition énergétique

Sous leurs nouveaux habits verts, Total, Engie et les autres géants européens de l’énergie vont-ils vraiment polluer moins ? Pour les Amis de la terre, ce qui illustre le mieux leurs véritables objectifs, ce sont les révélations du Guardian, début 2015, sur l’entrisme des firmes pétrolières dans les lobbies européens de l’énergie solaire et éolienne [8]. Total s’est retrouvée avec deux sièges, dont celui de président, au conseil d’administration de l’association professionnelle européenne du solaire – une activité encore très marginale dans le groupe. Et avec un siège au conseil d’administration de l’association professionnelle européenne de l’éolien : un secteur dans lequel la firme française n’a absolument aucune activité ! Coïncidence ? Les deux lobbies en question ont revu à la baisse leurs ambitions, alors qu’ils réclamaient auparavant 100% de renouvelables dès 2030 en Europe. Et ont salué le gaz comme un « complément naturel » au solaire et à l’éolien. Étonnant, non ?
Le secteur pétrolier et gazier a ainsi réussi à empêcher l’adoption d’objectifs contraignants et ambitieux au niveau européen en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Seul subsiste un objectif général de réduction des émissions de gaz à effet de serre, plus facile à contourner grâce au gaz et aux marchés du carbone. Pour les Amis de la terre et leurs partenaires, « le but de [ces entreprises] est d’assurer la préservation de [leur] fonds de commerce pour les décennies à venir – en détournant les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique et en empêchant toute authentique transition énergétique. » L’opération sera-t-elle rééditée à Paris dans le cadre de la Conférence climat ?
Olivier Petitjean

Le delta du Niger : un terrain de jeu pour les compagnies pétrolières, un désastre écologique pour les populations

Le delta du Niger : un terrain de jeu pour les compagnies pétrolières, un désastre écologique pour les populations

source: BASTA

Le groupe pétrolier TOTAL est l'un des principaux sponsors de la Conférence sur le climat.Ses dirigeant multiplient les "réunions de travail " avec Hollande, Valls, Obama et autres amis bien connus  de l'environnement
Le site BASTA nous fournit un nouvel article qui apporte un éclairage salutaire sur la fibre écologique de nos grands prédateurs



Le Nigeria est l’un des principaux terrains d’action des multinationales pétrolières occidentales. Leurs activités y ont entraîné un désastre environnemental de grande ampleur, qui laisse les communautés locales de plus en plus dépourvues de moyens de subsistance, et provoquent régulièrement des explosions de violences. Les opérations de Total dans le territoire du peuple Egi ne semblent pas déroger à la règle. Si le géant français vante ses relations « cordiales » avec les populations environnantes, les témoignages recueillis sur le terrain racontent une toute autre histoire.
Tout a commencé par une « explosion souterraine, accompagnée d’un incendie sous la terre ». Ces événements ont été suivis d’« éruptions de gaz très explosives ». Une éruption « si forte que la pression a transporté la boue jusqu’à la hauteur d’un très grand palmier. » Et le premier jour de cette catastrophe « les gens fuyaient pour s’abriter, car le gaz sortait de terre mélangé à la boue, en faisant d’énormes trous. »« Même dans mon champ de manioc, les feuilles sont toutes devenues anormales. Celles que nous avons réussi à récolter ne sont pas assez bonnes, et nous avons peur de les consommer », témoigne un paysan.
Nous sommes le 19 mars 2012, dans le delta du Niger, au Nigeria. La catastrophe décrite n’a rien de naturelle. Elle se déroule sur le territoire riche en hydrocarbures qu’exploite la compagnie pétrolière française Total. Et le calvaire ne fait que commencer pour les population Egi qui habite les lieux. « Il y avait des expatriés [de Total] sur place et nous leur avons posé des questions. Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de solution au problème et qu’il fallait leur laisser quelques mois pour en trouver une », raconte un habitant. « Il y a des panneaux de mise en garde dans toute la zone. Total vient de les installer pour avertir les gens des risques liés aux fuites de gaz. Imaginez-vous, on ne peut même plus utiliser un téléphone portable par crainte de provoquer un incendie ! » Des villageois se voient interdire de construire le maison, au risque de provoquer des fuites de gaz. La consommation de l’eau des puits est bannie [1]...
Au bout de deux ans, aucune solution miracle n’a été trouvée par les ingénieurs de Total. Les panneaux conseillant aux habitants de ne pas utiliser leurs téléphones, de ne pas faire de feu, de ne pas conduire de motos, sont toujours en place, selon les constatations l’ONG nigériane Environmental Rights Action (ERA) en octobre 2014. Le « bruit montant et descendant des éruptions de gaz, semblable à celui que font les vagues de l’océan » continue d’effrayer. Sans oublier « l’importante présence policière ». Ce que Total ne se permettrait jamais en Europe ou en Amérique du Nord, la multinationale se l’autorise allègrement en Afrique de l’Ouest. Pour ces raisons, l’entreprise se trouve aujourd’hui nominée, sur proposition de l’ERA, de Sherpa et des Amis de la terre France, au prix Pinocchio décerné à « l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles ».

Des communautés sans recours face aux multinationales

Le sort du peuple Egi reflète celui de nombreuses autres communautés de la région du delta du Niger. Les grandes multinationales pétrolières occidentales – Shell, BP, ExxonMobil, Chevron, ENI, Total… – se sont installées depuis les années 1960 dans cette vaste zone humide riche en hydrocarbures. Alors qu’il ne représente que 7% du territoire du Nigeria, le delta du Niger abrite plus de trente millions de personnes, réparties en une mosaïque d’ethnies. Des communautés condamnées à une coexistence forcée avec l’industrie pétrolière et gazière. 10 000 kilomètres de pipelines – souvent anciens et mal entretenus – sillonnent la région. De nombreux rapports d’ONG ou d’organisations internationales comme le Programme des Nations unies pour l’environnement ont révélé l’ampleur de la pollution pétrolière qui sévit dans le delta du Niger, et le peu d’empressement des multinationales pour nettoyer les dégâts occasionnés directement ou indirectement par leurs activités [2].
La sévère pollution de l’air et de l’eau qui en résulte affecte directement les moyens de subsistance des populations locales, qui dépendent de la pêche ou de l’agriculture pour leur survie. Les bénéfices économiques du pétrole et du gaz n’existent pas pour ces communautés, qui vivent pour la plupart en dessous du seuil de pauvreté. Pire encore, le delta du Niger subit une violence endémique, attisée par les conflits liés à l’accès à la terre – de plus en plus rare – et par l’appât des revenus pétroliers. Conséquence : l’espérance de vie dans la région ne dépasse pas 43 ans !

Des autorités publiques corrompues

Littéralement envahies par les opérations pétrolières et gazières, les communautés du delta ne peuvent pas compter sur la protection des autorités publiques nigérianes. Celles-ci semblent souvent davantage intéressées par les avantages économiques légaux ou illégaux qu’elles retirent de la présence des multinationales et de leurs filiales. Le Nigeria est classé 144e sur 177 dans l’indice de perception de la corruption établi par l’ONG Transparency international. Les décisions de justice favorables, lorsqu’elles existent, ne sont pas toujours suivies d’effet. Les communautés ont donc été contraintes de recourir au droit international, en saisissant la justice des pays d’origine des multinationales concernées.
Des procédures judiciaires très médiatisées avaient été lancées contre le groupe anglo-néerlandais Shell aux États-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Un combat dangereux : plusieurs militants de la minorité Ogoni, dont le poète Ken Saro-Wiwa, ont été assassinés en 1995, après avoir réussi à chasser Shell de leur territoire, ce qui avait donné lieu à une procédure judiciaire contre l’entreprise aux États-Unis – une procédure cassée en 2013 par la Cour suprême américaine [3]. En quittant l’Ogoniland, Shell a laissé derrière elle un véritable désastre environnemental, dénoncé par un rapport des Nations Unies de 2011. L’entreprise a alors promis de procéder à une restauration environnementale de la zone, pour un coût estimé à un milliard de dollars. Selon un rapport publié il y a quelques semaines par les Amis de la terre et Amnesty international, Shell n’a encore rien accompli. Des procédures judiciaires sont toujours en cours aux Pays-Bas et en Angleterre.
Le torchage du gaz constitue une bonne illustration de l’atmosphère de non-droit qui règne autour des activités pétrolières et gazières au Nigeria. Elle est légalement interdite au Nigeria depuis 1984, mais les multinationales pétrolières et gazières continuent à y recourir. Cette pratique consiste à brûler, pour des raisons purement économiques, le gaz s’échappant dans l’atmosphère lors des forages pétroliers, avec pour conséquence d’augmenter encore les émissions de gaz à effet de serre. La pollution de l’air qui en résulte entraîne des pluies acides, qui aggravent encore les difficultés d’approvisionnement en eau potable. « En ce moment, nous ne consommons plus d’eau de pluie dans notre communauté en raison de la pollution causée par le torchage de gaz. Nos toits en tôle ondulée n’y résistent plus non plus », témoignent des habitants. Pourtant, ce gaz pourrait pourtant être mis à la disposition des populations environnantes, qui souffrent de difficultés d’accès à l’énergie...
Dans sa réponse aux Amis de la terre et à Sherpa suite à sa nomination au prix Pinocchio [4], Total avance que « pour être plus précis, depuis 1984, le torchage est soumis à une autorisation ». Un argument réfuté par les ONG, qui rappellent que la Haute cour fédérale du Nigeria a confirmé l’interdiction du torchage en 2005, et demandent à Total de publier ces « autorisations » dont le groupe se prévaut [5].

Accaparement des terres et expropriation des paysans

Autre enjeu, celui des terres et des ressources naturelles dont ces communautés dépendent pour leur subsistance. Celles qui ne sont pas rendues inutilisables par la pollution quotidienne et les accidents sont peu à peu grignotées pour les besoins des multinationales. Le gouvernement nigérian a mis en place une législation facilitant l’expropriation des paysans au bénéfice des opérateurs pétroliers, avec des obligations de compensation très limitées. Dans le territoire du peuple Egi, Total a engagé en 2006 un processus d’acquisition de nouvelles terres pour étendre son usine locale provoquant un mouvement de protestation qui a dégénéré en violences [6]. Dans d’autres cas, Total est accusée d’avoir délibérément ignoré les propriétaires traditionnels, s’accaparant leurs terres comme s’ils n’existaient pas ou comme si elles appartenaient à d’autres. Les éruptions de gaz de 2012 sont attribuées par beaucoup de riverains à l’usage mal contrôlé par Total d’une technique de forage horizontal, mise en œuvre pour opérer « sous » de nouveaux terrains sans avoir à compenser leurs propriétaires.
Accusé d’accaparement par les communautés, Total répond avoir mis en place une« équipe de 5 personnes, dont l’une des missions est précisément de visiter les communautés et de négocier les accords lorsqu’il y a acquisition de terrains, qui font l’objet de contrats agréés par les parties ». Mais, pour les associations, cela ne signifie pas grand chose dans le cadre d’un rapport de forces totalement déséquilibré, alors que les paysans n’ont souvent pas d’autre choix que de partir. Qui est là pour s’assurer que la compensation est équitable et transparente ? Les témoignages recueillis sur le terrain font état de compensations partielles ou symboliques, un peu d’argent pour payer les cultures en train de pousser.
Les possibilités d’emploi offertes par Total sont loin de compenser la destruction des moyens de subsistance traditionnels. L’entreprise elle-même parle de cent emplois directs, auquel il faut ajouter une multitude de petits boulots auxiliaires, pour une population de plusieurs centaines de milliers de personnes. Pour de nombreux Egi, les perspectives d’avenir sur leurs terres ancestrales s’amenuisent de plus en plus :« Nous attendons que Total vienne et nous reloge. Non pas que nous soyons désireux de céder nos terres et nos maisons à l’entreprise. Si nous voulons être relogés, c’est que nous ne voulons pas mourir », entend-on

Diviser pour régner ?

Pour couper court aux critiques, Total ne manque pas une occasion de mettre en avant le « protocole d’accord » et le « plan de développement » qu’elle a initiés après les manifestations violentes de 2006. Avec un interlocuteur que l’entreprise s’est elle-même choisi, l’Egi People Assembly (« Assemblée du peuple Egi »), que Total considère comme représentative car élue « selon un processus local »... Là encore, les associations sont loin d’être convaincues, citant des dizaines d’exemples et de témoignages de membres de la communauté critiquant l’Egi People Assembly ou lui déniant toute légitimité. « Total ne reconnaît et ne veut avoir affaire qu’avec les groupes avec lesquels ils se sentent à l’aise. »
Ces critiques accusent notamment l’interlocuteur privilégié de Total de regrouper des personnes ayant des relations commerciales avec l’entreprise. Ces « représentants » utiliseraient l’argent du « plan de développement » pour des projets fantoches, de manière autocratique. « Si vous critiquez l’Egi People Assembly, soit ils cherchent à vous corrompre et à faire de vous un espion dans votre propre communauté, soit ils menacent de vous tuer. » Certains témoignages signalent même une augmentation des violences en lien avec la répartition de l’argent déboursé par Total aux représentants de l’Egi People Assembly.
Pour les Amis de la terre, derrière les programmes de responsabilité sociale affichés par Total en pays Egi se cache en réalité une stratégie consistant à « diviser pour régner », prenant le risque d’aggraver les tensions au sein des communautés pour dissimuler les conflits fonciers et les pollutions. Il est des circonstances où des réponses partielles et partiales, qui ne remettent pas en cause les fondements même du système – en l’occurrence l’absence d’état de droit –, ne font qu’aggraver les problèmes. La situation actuelle dans le delta du Niger semble bien être de celles-là.
Olivier Petitjean

vendredi 4 décembre 2015

Violence policière à Paris, la preuve en vidéo d'un traquenard

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Plus que jamais, c'est l'ensemble du mouvement ouvrier et démocratique qui doit s'engager qui doit s'engager
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mercredi 2 décembre 2015

Adressée à à tous les citoyens Pour la levée de l'état d'urgence Appel des 333 pour la levée de l'état d'urgence Pour la levée de l’état d’urgence

Adressée à à tous les citoyens Pour la levée de

l'état d'urgence 

Appel des 333 pour la levée de l'état d'urgence

Pour la levée de l’état d’urgence
Après les assassinats barbares commis à Paris le 13 novembre, François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls ont décidé « l’état d’urgence », présenté par les sommets de l’Etat comme la réponse à la terreur, à la peur et au désarroi répandus dans le pays, comme la mesure adaptée « pour combattre les terroristes » et « protéger les Français », comme condition de « la sécurité, la première des libertés ».
A leur demande, les 19 et 20 novembre, l’Assemblée nationale puis le Sénat, ont à l’unanimité des groupes politiques qui la composent (à l’exception de six députés qui ont voté contre et une abstention ; et l’abstention de douze sénateurs) ont voté la prolongation de l’état d’urgence et aggravé les dispositions liberticides de la loi de 1955 qui date de la guerre d’Algérie.
Avec l’état d’urgence, ce sont, en réalité, les libertés de tous qui se trouvent dangereusement restreintes et menacées.
Ainsi :
  • Tout individu peut être suspecté en fonction « de son comportement ».
  • « L’assignation à résidence » — l’interdiction d’aller et venir, de se déplacer librement — ne « doit pas viser uniquement les activités dangereuses avérées », mais aussi « les menaces fondées sur des présomptions sérieuses ».
  • Les « perquisitions administratives » deviennent la règle et relèvent de la décision des préfets, représentants directs du gouvernement, en dehors de tout cadre judiciaire.
  • La place du pouvoir judiciaire comme garantie des libertés est bafouée.
  • La mise sous contrôle d’Internet doit permettre au ministre de l’Intérieur de « prendre toute mesure pour assurer l’interruption de tout service de communication en ligne ».
Menace contre les libertés individuelles, l’état d’urgence aboutit à un renforcement considérable du caractère autoritaire de la Ve République.
Mais ce sont aussi les moyens d’action, d’organisation, d’expression, sur le terrain social et politique – qui concernent syndicats, partis, associations – qui sont remis en question.
Ainsi :
  • Le pouvoir se réserve le droit d’interdire tout rassemblement sur la voie publique, ou toute manifestation pour « raison de sécurité ».
  • La loi prévoit la possibilité de « dissoudre les associations ou groupements de fait qui participent, facilitent ou incitent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public ».
Les notions introduites dans la loi — « comportement », « trouble à l’ordre public », « raison de sécurité », « atteintes graves à l’ordre public » — permettent les interprétations les plus extensives et présentent le risque de mettre en cause très largement tout un chacun.
Sous couvert de combattre « le terrorisme », l’état d’urgence fait peser un danger sérieux sur nos libertés démocratiques, individuelles, sociales et politiques et sur la démocratie.
En conséquence, nous, signataires de cet appel, en appelons à tous nos concitoyens pour exiger, au nom de la liberté, de la démocratie, de la République, la levée immédiate de l’état d’urgence.
Pour tout contact :
Jacques Cotta, tel. 06 19 84 80 60
Maurice Stobnicer, 06 87 87 95 02
Les 333 premiers signataires:
Nadia AÏT-AMER-COURGEAU, fonctionnaire territoriale, syndicaliste (94) ; Jean-Pierre ALLIOT, journaliste (75) ; Pouria AMIRSHAHI, député des français de l’étranger ; Xavier AMOR, syndicaliste (93) ; Caroline ANDREANI, attachée territoriale (93) ; Elyane ARANA, retraitée (64) ; Jean-Michel ARBERET, adjoint au maire (94) ; Jean-François ARNOUD, retraité (94) ; Isabelle ATTARD, députée du Calvados, a voté contre l’état d’urgence (14) ; Violette AUBERGER, conseillère départementale (42) ; Jacques AURIGNY, syndicaliste Education nationale (75) ; Jean-Paul AUXEMERY, écrivain, traducteur (21) ; Pascal AVILA, syndicaliste (57) ; Michel BARBE, agrégé d'histoire-géographie, syndicaliste libre-penseur (13) ; Alain BAROUILLET, agent en inactivité de service EDF-GDF (65) ; Dorothée BARREAU, enseignant (92) ; Jean-Pierre BARROIS, maître de conférence retraité (94) ; Jean BARTHOLIN, conseiller départemental (42) ; Ghislaine BAUDIN, laborantine, syndicaliste (59) ; Patrick BAUDOUIN, avocat, président d’honneur de la FIDH (fédération internationale des ligues des droits de l’homme) (75) ; Laurent BAUSSIER, enseignant, responsable syndical (27) ; Sylvie BAUSSIER, auteur (27) ; Tristan BEAL, professeur des écoles, syndicaliste (92) ; Emmanuelle BEAUDOIN, auto-entrepreneur, militante associative (91) ; Sylvie BÉGOIN, professeure agrégée de mathématiques (6) ; Guy BEGUERIE, syndicaliste (94) ; Faouzia BELHACHEMI, maitre de conférences (77) ; Saïda BENAYAD, enseignante (92) ; Esther BENBASSA, sénatrice (94) ; Luc BENIZEAU, directeur d'école, syndicaliste (94) ; Karim BENMEDJEBER, syndicaliste (57) ; Guy BERNARD, agent de surveillance, syndicaliste (75) ; Arno BERTINA, écrivain (21) ; Olivier BESANCENOT, postier (75) ; Jean-Gilles BESLES, retraité de l’Education nationale (89) ; Julien BESSEDJERARI, fonctionnaire territorial, conseiller municipal (54) ; Daniel BONDIS, ouvrier (91) ; Jean BONNET (93) ; René BOUCHAIB, syndicaliste (94) ; Denis BOUCHARINC, avocat (31) ; Hugo BOUCHER, étudiant en information et communication ISIC Bordeaux (33) ; Pierre-Yves BOUDER, formateur pour adultes - graphiste, adjoint au maire (95) ; Martine BOUDET, professeure agrégée de Lettres Modernes, militante associative (31) ; Christian BOUGET, syndicaliste postier (42) ; Jean-Michel BOULME, adjoint au maire (01) ; Sylvain BOULME, enseignant-chercheur (38) ; Olivier BOUR, professeur de philosophie (88) ; Antoine BOURGE, professeur d’anglais (27) ; Dominique BOUVERET, militant laïque (01) ; Jean-claude BOUVIER, magistrat (75) ; Cécile BRANDELY, avocat (31) ; Ann BRETON DES LOYS, assistante vétérinaire (22) ; Christine BRIANT-BAZIN, directrice d'école, syndicaliste (94) ; José BRUNED, enseignant (29) ; Emmanuel CABO, syndicaliste hospitalier (75) ; Bruno CAMMAN, professeur des écoles, syndicaliste (11) ; Thérèse-Marie CARDON, professeure d’arts plastiques, syndicaliste (59) ; Bernard CARREZ, syndicaliste (94) ; Didier CARREZ, enseignant, adjoint au maire (59) ; Florian CARREZ, chef d’entreprise, (69) ; Jean-Pierre CASSARD, professeur d'histoire-géographie, syndicaliste (88) ; Aude CATALA, avocat (75) ; Martial CAVATZ, doctorant, chargé de cours en histoire contemporaine (25) ; Dominique CERF, artiste (21) ; Brigit CERVEAUX, enseignante (94) ; Alexis CHARANSONNET, maître de conférence, histoire médiévale (92) ; Julie CHARMOILLAUX, archéologue, syndicaliste (63) ; Dominique CHARPENTIER, infirmière, syndicaliste (64) ; Francis CHARPENTIER, travailleur social retraité, syndicaliste (64) ; Mathieu CHAVANNE, avocat, secrétaire de la conférence (75) ; Alain CHICOUARD, retraité de l’éducation nationale (89) ; Pierre-Yves CHIRON, magasinier, syndicaliste (75) ; Gérard CLEMENT, enseignant retraité (13) ; Renée CLEMENT, enseignante retraitée (13) ; Marie-José CLOISEAU, retraitée, (77) ; Manon COLEOU, étudiante (78) ; Denis COLLIN, professeur de Philosophie, responsable Université Populaire (27) ; Philippe COLLIN, syndicaliste paysan (89) ; Yvan COLLIN, chef de rayon librairie (27) ; Pierre COMBELLES, médecin ORL (65) ; Antoine COMTE, avocat, (75) ; Katel CORDUANT, attachée territoriale, syndicaliste (75) ; Françoise COTTA, avocat (75) ; Jacques COTTA, journaliste-réalisateur (75) ; Magali COTTA, musicienne (75) ; Thibaud COTTA, avocat (75) ; Vanessa COULOUMY, avocate au barreau de Paris (75) ; Annick COUPÉ, syndicaliste (75) ; Thomas COUTROT, militant associatif (75) ; Laurent CRIQUET, agent d’accueil, syndicaliste (27) ; Jacquie CROS, employée retraitée, syndicaliste (34) ; Jean-Paul CROS, ancien directeur d’école, syndicaliste (34) ; Marcel CULLUS, retraité (27) ; Laurent DAMON, médecin (69) ; Quentin DAUPHINE, enseignant, syndicaliste (78) ; Lucie DAVY, avocate au barreau de Lyon (69) ; Christophe DEGENNES, en invalidité suite handicap (75) ; Ada DEGERT, salariée précaire, syndicaliste (64) ; Alain DEGERT, professeur retraité, militant associatif (64) ; Christian DELARUE; Jean DELARUE, conseiller municipal (78) ; Olivier DELBELKE, syndicaliste (94) ; Michel DELÉAN, journaliste (75) ; Hugo DELHOUME, avocat (75) ; Daniel DELREZ, avocat (57) ; Patrice DERAMAIX, bibliothécaire, (Belgique) ; Elisabeth DES, médecin pneumologue allergologue (31) ; Guy DESALASE, conseiller municipal (34) ; Eric DESRUES, logisticien, syndicaliste (18) ; Jean-Marc DEVAUCHELLE, aide-soignant, secrétaire général d'un syndicat de l'AP-HP (75) ; Emmanuel DOCKES, professeur de droit à Paris X, (75) ; Serge DOMBROWSKI, militant politique (95) ; Olivier DORIANE (75) ; François DOUSSAUT, militant syndical (65) ; Marine DROUHET, assistante de réalisation (75) ; Pascal DRUEZ, militant syndical (75) ; Jean DUBESSY, directeur de recherche au CNRS, syndicaliste, militant laïque (54) ; Daniel DUBOIS, enseignant, adjoint au maire (59) ; Patricia DUCROT, employée, syndicaliste (91) ; Robert DUCROT, technicien, syndicaliste (91) ; Christian DUFFY, syndicaliste (75) ; Isabelle DURAND, épicerie indépendante (29) ; Alain DUSSERT, retraité de l’informatique (37) ; Georges DUSSERT PEYDABAY, retraité, militant associatif défense des services publics (65) ; Rémi DUTEIL, syndicaliste (49) ; Emmanuel ESPINASSE, artiste, citoyen (27) ; Christian ETELIN, avocat, (31) ; Hervé FARCY, retraité, syndicaliste (80) ; Isabelle FAUGERAS, militante associative (75) ; Philippe FEFEVRE, journaliste (94) ; Gérard FÉRET, militant politique (27) ; Franck FISCHBACH, philosophe (67) ; Nicole FLORENCE, militante politique (94) ; Olivier FOKS, avocat (75) ; Patrice FORTIER (27) ; Isabelle FOUCHER, archiviste, syndicaliste (75) ; Maurice FRECHURET, historien d'art (21) ; Marie-Pierre FRONDZIAK, professeur de Philosophie, responsable Université populaire, syndicaliste (27) ; Jean-François GARCIA, éditeur indépendant, militant (02) ; Mikaël GARDENT, ingénieur EDF, syndicaliste (92) ; Fanny GARNIER, professeur des écoles (75) ; Samuel GARNIER, enseignant, syndicaliste (21) ; Jean-Philippe GARRIC, professeur à l’université Paris I panthéon sorbonne, architecture Histoire et Civilisation (75) ; Raquel GARRIDO, avocate à la Cour (75) ; Hubert GAUTHIER, agent de maîtrise, syndicaliste (95) ; Dominique GERIN, conservatrice honoraire des bibliothèques (34) ; Bernard GERMAIN, cadre supérieur (22) ; Roland GIACOBAZZI, retraité de la sidérurgie, conseiller municipal (57) ; Denis GIACUZZI, syndicaliste métallurgie (54) ; Dominique GILBERT, travailleur social, syndicaliste (64) ; Lydie GIMENEZ, militante laïque (01) ; Pascale GIRARD, maître de conférence en histoire UPEM (93) ; Jean-Christophe GIRAUD, avocat (69) ; Liliane GIRAUDON, écrivaine (21) ; Daniel GLUCKSTEIN (93) ; Serge GODEFROY, syndicaliste (78) ; Anthony GONNER, informaticien (75) ; Christian GOURDET, ouvrier du livre (95) ; Gisèle GRAMMARE, professeure émérite université Paris I-Panthéon-Sorbonne, (75) ; Pierre GRAND, agent de la fonction publique, syndicaliste (93) ; Pascale GRANDE (42) ; Michela GRIBINSKI, professeur, agrégée des lettres (75) ; Jean GRIMAL, enseignant, syndicaliste (92) ; Céline GRIMAUD, coordinatrice dans une maison de quartier (75) ; Laurent GRISEL, écrivain (89) ; Dominique GROS, universitaire (21) ; Antoine GROUHEL, cadre laboratoire pharmaceutique (86) ; Francis GUERLIN, retraité de l’EN, conseiller municipal (66) ; Samira GUERROUMI, sage-femme, militante associative (94) ; Julie GUILLARME, avocat, (75) ; Patrice GUILLAUME, cadre supérieur retraité, président d'association mémorielle (93) ; Sébastien HAMEL, animateur (fonction publique territoriale) (76) ; Eric HAMRAOUI, enseignant-chercheur (75) ; Eric HAZAN, editeur, (75) ; Marc HEBERT, syndicaliste (29) ; Yannick HENRIO, doctorant en sociologie - magasinier bibliothèque, militant syndical et associatif (95) ; Catherine HERSBERG, écrivain (75) ; André ICARD, avocat au barreau du Val-de-Marne (94) ; Angelo INGARAO (01) ; Evelyne INGARAO (01) ; Elisabeth INSALACO, juriste (69) ; Marc JAMMET, conseiller municipal (78) ; Nathalie JAUDEL, psychanalyste (75) ; Alain JOLIVET, retraité (91) ; Michel JOLY, libre-penseur (27) ; Laurent JOSEPH, syndicaliste (75) ; Marion JOURNET, chargée de marketing évènementiel, (75) ; Mickaël JOUTEUX, enseignant, syndicaliste (69) ; Gérard JUGANT, retraité (13) ; Jean-Jacques KARMAN, élu (93) ; Christel KEISER, conseillère municipale (93) ; Azadeh KIAN, professeure des universités, Université Paris Diderot en Sciences sociales, (75) ; Panthéa KIAN, consultante en informatique (33) ; Sylvère LABIS, retraité BTP (89) ; Marc LAGIER, médecin hospitalier (37) ; Sylvie LAUFFENBURGER, conseillère municipale (78) ; Guénaël LE GRAS, retraité (56) ; Pierre LE PILLOUËR, écrivain (21) ; Morgan LE TUAL, professeur des écoles (75) ; Christelle LECLERC, fonctionnaire, syndicaliste (93) ; Jean-Michel LECOMTE, professeur de mathématiques retraité, responsable syndical (27) ; Eric LECOURTOIS, syndicaliste (22) ; Jérôme LEFAURE, agent de sécurité, syndicaliste (21) ; Jack LEFEBVRE, enseignant, syndicaliste (78) ; Jean-claude LEFORT, député Honoraire (94) ; Apollinaire LEGROS-GIMBERT, avocat (31) ; Bernard LEMPEREUR, syndicaliste (75) ; Aude LEQUERRE, avocat (94) ; Jean-Marc LEVY-LEBLOND, professeur émérite de l’université de Nice (06) ; M. LOCATELLI, avocat (27) ; Fred LOSA, enseignant, syndicaliste (34) ; Eric MACKWITZ, cadre socio-éducatif, syndicaliste (974) ; Hélène MAGDELONNETTE, sans-emploi (75) ; David MAHEU, avocat (75) ; Pierre-Marie MAILLARD, chef de projet (75) ; Rémi MAILLARD, journaliste (75) ; Tristan MALLE, journaliste (75) ; Noel MAMÈRE, député de la gironde, (33) ; Philippe MARCELE, dessinateur, universitaire (35) ; Mathieu MARCHAL, enseignant (34) ; Denis MARCHAND, formateur (35) ; Jacqueline MARCUCCILLI, conseillère municipale (42) ; Evelyne MARIANI, psychologue (06) ; Jean-Jacques MARIE, historien (75) ; Jean MARKUN, militant syndicaliste mines de fer de Lorraine (57) ; Claude MARTIN, militant associatif (65) ; Dominique MARTIN, enseignant, syndicaliste (78) ; Richard MARTIN, directeur de théâtre (13) ; Stéphane MARTIN, agent territorial, syndicaliste (84) ; Françoise MARTRES, magistrat, présidente d’un syndicat de la magistrature (75) ; Bernard MARX, économiste (92) ; Danielle MARX, cadre à la retraite (92) ; Lucie MARZAQ, ingénieur d'études, syndicaliste (57) ; Françoise MATHIAS, retraitée, (93) ; Isabelle MATHIEU, ingénieur de recherche (21) ; Caroline MECARY, avocate (75) ; Victoria MELGAR (87) ; Alain MEURANT, syndicaliste (93) ; Christophe MIQUEU, philosophe (33) ; Annick MONOT, psychanalyste (56) ; François MORIER, technicien vidéo audio, cadre spécialisé (77) ; Salim MOUNIR ALAOUI, ingénieur (92) ; Mickaël MUSQ, agent SNCF, syndicaliste et conseiller municipal (54) ; Baba NABE, fonctionnaire, élu municipal (94) ; Gisèle NADAUD, retraitée EDF (91) ; David NADAUD, en situation de handicap (91) ; Laurent NARDI, conseiller municipal (74) ; José NAVARRO, militant syndical (65) ; Pierre NEHORAI, avocat au barreau de Paris (75) ; Nadette NEVIÈRE, magasinier des bibliothèques (06) ; Annie NISSOU, psychologue (06) ; Bruno NISSOU, facteur, (06) ; Bernard NOËL, écrivain (21) ; Michèle OLLER, libre-penseuse (83) ; Robert OLLER, libre-penseur (83) ; Franck OSLE, technicien, militant associatif, syndicaliste (77) ; Stéphan OUALLI, avocat (75) ; Reza PAINCHAN, syndicaliste (93) ; Andrée PALOL, retraitée finances publiques (66) ; Christelle PAPIN, employée adminisitrative (78) ; Caroline PARIS, avocate au barreau de Lyon (69) ; Michel PAROLINI, conseiller principal d’éducation militant, associatif (18) ; Alexandre PARRA-BRUGUIERE, avocat (31) ; Claude PATRIAT, professeur émérite, science politique (21) ; Olivier PAUTONNIER, hospitalier, syndicaliste (38) ; Antonio PEREIRA-NUNES, retraité (27) ; Denis PERICHON, agent collectivité territoriale (21) ; Michel PETREQUIN, syndicaliste enseignement (34) ; Daniel PETRI, cheminot, militant associatif (94) ; Patrice PEVERI, maître de conférences en histoire, université Paris VIII (93) ; Pierre PHILIPPE, agent de la fonction publique (75) ; Raphaelle PIA, artiste peintre (75) ; Patrick PICARD, agent EDF, syndicaliste (75) ; Catherine PIERRARD, sage-femme (64) ; Pierre PILARD, manutentionnaire, syndicaliste (91) ; Marie-Hélène PIN, militante laïque (01) ; Jean-Louis PIROLLET, électricien, syndicaliste (01) ; Eric PLOUVIER, avocat (75) ; Yves POEY, directeur d'école (77) ; Giuseppe PONTURO, chef décorateur (94) ; Johanne POULET, responsable de la communication (93) ; Alain POUPARD, syndicaliste (95) ; Vincent PRÉSUMEY, professeur d’histoire, militant politique et syndicaliste (03) ; Christian PRIGENT, écrivain (21) ; Nathalie QUINTANE, écrivain (21) ; Jean-Paul RAFIER, syndicaliste (74) ; Maurice RAJSFUS, historien, écrivain (94) ; Sophie REY GASCON, avocat, secrétaire de la conférence (75) ; Manuela RIBEIRO, enseignante, conseillère départementale (54) ; Jean-Pierre RICHAUDEAU, responsable associatif (74) ; Mathieu ROBERT, Journaliste (75) ; Anne-Marie ROCHON, ancienne élue municipale, candidate aux dernières législatives (78) ; Cécile ROUBIN, musicienne (92) ; Rose May ROUSSEAU, syndicaliste hospitalière (75) ; Hélène RUBINSTEIN CARRERA, avocate honoraire (75) ; Gérard SCHIVARDI, maire (11) ; Nicole SCHMIDT, retraitée (91) ; Arsène SCHMITT, syndicaliste travailleurs frontaliers (54) ; Daniel SCHWARZ, enseignant, syndicaliste (34) ; Selma SENOUNE, étudiante en physique (91) ; Jénofa SERBIELLE, chômeuse, militante associative (64) ; Martine SICARD, artiste plasticienne et traductrice (6) ; Josette SOLIVA, professeur des écoles (34) ; Philippe SOULAS, dessinateur de presse et d'humour (75) ; Camille SOULEIL-BALDUCCI, avocat (75) ; Michel STANSAL, avocat (75) ; Jean-Marc STEVAN, retraité, militant associatif (17) ; Maurice STOBNICER, professeur agrégé, syndicaliste (93) ; Daniel STOLLA, gynécologue-obstétricien (13) ; Wladimir SUSANJ, fonctionnaire, syndicaliste (75) ; Christian TAILLANDIER, citoyen (35) ; Eric TAILLANDIER, professeur de Musique, militant pour la défense des services publics (45) ; Anna TARGE, retraitée (42) ; Maurice TARGE, retraité (42) ; Antoine THEROND, Instituteur, (06) ; Olivier TOMNET, métallurgie, syndicaliste (92) ; Pierre TRIBOUILLARD, hospitalier, syndicaliste (13) ; Cathy VAN BALLAER, agent de production, militante politique et syndicaliste (93) ; Juliette VANDER PLAETSE, étudiante en médecine (76) ; Mathieu VANDER PLAETSE, élève-ingénieur (91) ; Pierre VANDEVOORDE, enseignant, militant politique (27) ; Bernard VASSEUR, philosophe (93) ; Sylvie VASSEUR, professeur des écoles (93) ; Olivier VAVON, syndicaliste (58) ; François VAZARD, (27) ; Louis VENTURA, enseignant certifié (34) ; Françoise VILLARD, retraitée de l’enseignement (25) ; Michel VILLEREY, retraité de l’Éducation Nationale, libre-penseur (89) ; Jean VINCENT, libre-penseur (38) ; Michèle VINCENT, médecin ophtalmologiste, syndicaliste (39) ; Benoît VISTE, comédien (60) ; Serge VRAY, maire (42) ; Charles YVETOT, chômeur, militant anti-raciste (64).