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jeudi 24 septembre 2015

Décapité,crucifié, exposé jusqu'au pourrissement de sa chair et la France qui se tait.

Décapité,crucifié, exposé jusqu'au pourrissement de sa chair et la France qui se tait.

Un simple rappel des faits dans toute la nudité de l'horreur qu'ils représentent,un jeune saoudien de 20 ans condamné à être décapite puis crucifié et ensuite exposé jusqu'au pourrissement de sa chair...
Pour le gouvernement coupable d'un tel forfait,l'opprobre universelle et pour notre gouvernement, la honte d'un silence complice face au crime d'un monarque absolu.
2 phrases et pas une de plus, un simple communiqué qui porte en lui tous les stigmates d'une diplomatie dévoyée.
«La France est préoccupée par la situation d'Ali Mohammed al-Nimr, condamné à mort alors qu'il était mineur au moment des faits et qui pourrait être exécuté de façon imminente. Opposés à la peine capitale en tous lieux et toutes circonstances, nous appelons à surseoir à cette exécution.»
Un vrai bijou finement ciselé dont chaque mot est pesé et chaque silence calculé.
En quel lieu, en quel pays, ce crime doit-il s' accomplir ? Nous ne le saurons jamais, grand soin a été pris pour ne pas froisser de royales oreilles de ne pas le nommer.
Qui est le destinataire de ce communiqué, au nom de qui est-il rédigé ? Ni le Président ou son Premier ministre, ni même nominalement le Ministre des Affaires Étrangères n'ont osé le signer et il n'est adressé à personne et surtout pas à Son Altesse royale du royaume que vous savez .
La France est « préoccupée »,on sent qu'ils ont du chercher un mot moins fort et l'on devine les mots qui fâchent qu'il fallait à tous prix éviter.
La France n'est pas indignée, elle n'est pas horrifiée ou révoltée, seulement préoccupée comme on pourrait l'être par la progression du chômage ou les orages dans le Midi.
Le choix du mot indique le niveau exact de gravité que l'on donne à une abomination que l'on a décidé de ne pas condamner.
«  la situation d'Ali Mohammed al-Nimr, condamné à mort alors qu'il était mineur au moment des faits et qui pourrait être exécuté de façon imminente. »
Pas un mot de protestation, pas l'expression d'un doute sur la légitimé de sa condamnation ou le caractère équitable de son procès et pas un mot sur l'atrocité du châtiment qui renvoie à des âges révolus depuis 1000 ans dans tous les pays civilisés.
Pourquoi cet emploi du conditionnel pour une condamnation confirmée par le rejet de tous les recours ?
La dernière phrase du communiqué est sans doute la plus manifeste du degré de rouerie et d'abaissement où sont tombés ceux qui nous gouvernent.
« opposés à la peine capitale en tous lieux et en toutes circonstances ».Quelle jolie manière de noyer dans la généralité le refus de condamner précisément ce crime là.
En tous temps,en tous lieux,depuis le Paléolithique ancien jusque qu'au triomphe de Macron devant le Medef. Depuis le désert mongol jusqu'aux rivages de l'Atlantique,mais surtout pas aujourd'hui et maintenant dans les déserts d'Arabie ou coulent le pétrole et le sang des innocents.
Avec une politesse et une délicatesse de jeune fille, il est humblement demandé de surseoir à une exécution que l'on a pris soin de ne pas condamner.Encore un instant M le bourreau,le temps d’affûter la lame de votre sabre et de préparer la croix du dernier supplice de ce malheureux.
Il fut d'autres temps et d'autres hommes bien plus dignes.
N'ayant aucune illusion et aucun espoir d'amener M Hollande au moindre niveau de conscience morale, c'est aux autres hommes que je livre les paroles de Voltaire dont chacun comprendra la terrible actualité
Chacun aura la place qu'il mérite dans l'Histoire et la mémoire des hommes.
« Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances; il pourra bientôt tuer pour l'amour de Dieu.(...)
Il y a des fanatiques de sang-froid: ce sont les juges qui condamnent à la mort ceux qui n'ont d'autre crime que de ne pas penser comme eux; et ces juges-là sont d'autant plus coupables, d'autant plus dignes de l'exécration du genre humain, que, n'étant pas dans un accès de fureur comme les Clément, les Chastel, les Ravaillac, les Damiens, il semble qu'ils pourraient écouter la raison. 
Il n'est d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dés que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. Ces misérables ont sans cesse présent à l'esprit l'exemple d'Aod qui assassine le roi Églon; de Judith qui coupe la tête d'Holopherne en couchant avec lui; de Samuel qui hache en morceaux le roi Agag; du prêtre Joad qui assassine sa reine à la porte aux chevaux, etc., etc., etc. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l'antiquité, sont abominables dans le temps présent: ils puisent leurs fureurs dans la religion même qui les condamne. 
Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage: c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre. 
Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant? 
Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. J'ai vu des convulsionnaires qui, en parlant des miracles de saint Pâris, s'échauffaient par degrés parmi eux: leurs yeux s'enflammaient, tout leur corps tremblait, la fureur défigurait leur visage, et ils auraient tué quiconque les eût contredits. 
Oui, je les ai vus ces convulsionnaires, je les ai vus tendre leurs membres et écumer. Ils criaient: « Il faut du sang ». Ils sont parvenus à faire assassiner leur roi par un laquais, et ils ont fini par ne crier que contre les philosophes. 
Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. (…)

Voltaire,dictionnaire philosophique,article Fanatisme

mardi 31 mars 2015

Valls et le syndrome du copilote

Valls et le syndrome du copilote

Au soir du second tour de ces élection départementales,chacun a pu entendre la déclaration hallucinante de Valls,l'annonce que toutes les réformes seraient poursuivies,aggravées et accélérées.De toute évidence cet homme pourrait postuler à un poste de copilote à la Lufthansa.
Quelques heures plus tard,c'est le ministre Macron qui annonçait que sa Loi serait maintenue et qu'en plus une nouvelle loi Macron II était en préparation et serait votée avant l'été.
Ils le disent eux-mêmes,ces hommes veulent poursuivre une politique qui vient pourtant d'être avec une rare ampleur condamnée et rejetée.
Du coté des « vainqueurs »,des candidats et des leaders de l'UMP ou du FN,les déclarations se multiplient contre l' »assistanat » et les uns et les autres se portent candidats pour appliquer contre les communes et les cantons la politique d'austérité décidée par Hollande et Valls.
Il est pourtant une autre évidence,celle du rejet violent et massif de cette politique,celle de l'abstention dépassant toujours 70% dans tous les bureaux de vote dans les quartiers ouvriers et populaires,celle du cumul des abstentionnistes,des bulletins blancs ou nuls et des 3 millions de français qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales,celle de « majorités élues » par 15% des électeurs inscrits.



Les uns et les autres voudraient poursuivre comme avant et nous voyons se multiplier les appels à « l'unité de la gauche. ».
C'est encore Valls qui donne le contenu de cette unité,l'appel à l'union sacrée autour du gouvernement pour lui permettre de poursuivre jusqu'à son terme une politique condamnée.
Dans les communes,les cantons et les départements,quel peut être le contenu de cette « unité » si ce n'est la soumission aux coupes budgétaires imposées aux collectivités locales .
M Favier est Président du Conseil Général du Val-de-Marne et il se félicite que la gauche conserve la majorité dans le département,mais quelle majorité et pour quelle politique ?
Les élus du PCF et du Front de gauche devront-ils continuer à voter les budgets d'austérité,à supprimer les postes budgétaires ?
Que deviennent les déclarations de Christian Favier contre l’austérité imposée aux collectivités territoriales par le gouvernement ? N’a-t-il pas fait campagne en expliquant, à juste titre, que le budget du Val-de-Marne serait amputé de 91 millions d’euros de 2015 à 2017 et que, depuis la décision de transférer aux départements la charge des allocations universelles de solidarité en 2004, l’État avait accumulé 700 millions non compensés auprès de notre département ?
« Nous veillerons à ce que le conseil départemental ne devienne pas une tribune contre le président de la République et le 1er ministre », rappelle Luc Carvounas, secrétaire fédéral du PS dès le lendemain du 2ème tour. Quel sens peut avoir cette déclaration si ce n'est une injonction à tous les élus de se soumettre et tout cela au nom de l'unité de la gauche et du combat contre la droite et le FN .
Le 9 Avril,les confédérations ouvrières appellent à une journée de grève interprofessionnelle et de manifestation.Depuis l'appel initial du congrès de la CGT-FO les appels communs se multiplient,au plan national et dans les départements et des milliers de travailleurs et de militants syndicaux de toutes tendances préparent ensemble la grève et la montée sur Paris,là où se trouve le gouvernement.
Dans tous les appels communs et ceux des fédérations,CGT,FO,FSU,Solidaires,les revendications sont clairement exprimées,toutes dirigées contre la politique d'austérité,toutes exigeant le retrait et l'abrogation des Réformes qui étranglent la population et les communes,menacent les statuts,les garanties collectives et la protection sociale.
C'est clairement contre la Loi Macron,contre le Pacte de responsabilité,contre la Réforme territoriale,pour leur retrait que des millions se rassembleront le 9 Avril dans la grève et la manifestation.
Le 9 Avril,une brèche va s'ouvrir,celle dans laquelle vont s'engouffrer des millions de travailleurs,réalisant leur unité de classe contre le gouvernement.

Comment rassembler la force de ces milliers de militants et de syndicalistes qui sont aujourd'hui engagés ensemble dans la préparation de la grève du 9 Avril ?
Comment faire pour que le mouvement engagé aille jusqu'au bout,jusqu'à la défaite de ce gouvernement et un coup d'arrêt définitif aux politiques d'austérité dictées par l'Union européenne à tous les gouvernements et à toutes les majorités successives ?
Comment en finir avec le double carcan des institutions de l'Union européenne et de la Ve République qui étouffent toute démocratie et conduisent le pays à l'impasse et au chaos ?
Voila la discussion que le Parti ouvrier indépendant propose à tous dans le cadre d'assemblées débats ouvertes où la discussion libre permettra une élaboration collective.




Citons pour conclure un extrait du communiqué publié le 30 Mars par les secrétaires nationaux du POI
Seule l’intervention de la classe ouvrière sur son propre terrain, entraînant avec elle tous les exploités et les opprimés, pourra modifier l’ordre actuel des choses. La même question se pose, sous des formes diverses, dans tous les pays où les travailleurs sont frappés par les plans de l’Union européenne. Lundi 30 mars, aux cris de « Pas de solution, grève générale », des milliers d’ouvriers ont défilé à Bruxelles avec leurs organisations syndicales contre les mesures d’austérité et de régression sociale dictées par un gouvernement appliquant les diktats européens. En Grèce, les dockers du Pirée menacent d’engager la grève si le gouvernement cède à l’exigence de l’Union européenne de privatisation du port. En France, à l’initiative des confédérations CGT, CGT-Force ouvrière (avec FSU et Solidaires), se préparent activement, pour le 9 avril, la grève interprofessionnelle et la manifestation contre la loi Macron et le pacte de responsabilité.
La décomposition des partis qui, historiquement, plongent leurs racines dans le mouvement ouvrier souligne la nécessité d’une représentation politique de la classe ouvrière fidèle à ses intérêts. Une représentation politique qui se construira dans la libre discussion entre travailleurs et militants de toutes tendances, dont le Parti ouvrier indépendant sera partie prenante, à égalité avec tous. C’est à cet effet qu’il invite ceux qui le souhaitent à participer aux assemblées organisées par ses comités, dans tout le pays, pour débattre de la situation.


vendredi 29 mars 2013

François Hollande,comme un avion sans ailes

François Hollande,comme un avion sans ailes




Disons-le clairement,il n'y eut jamais ou rarement une si totale et si peu banale indifférence à l'égard de quelqu'un appelé à une si haute fonction.
La vérité étant que malgré les efforts des journalistes pour donner sang et vie à ce fantôme,chacun se fout éperdument de savoir s'il aime le gigot,ou prend du clafoutis au dessert
Cette solitude n'est même pas celle attachée à la sacralité du pouvoir,le voile racinien qui protège les puissants par la terreur et la crainte magiques qu'ils inspirent,ce voile s'est déchiré depuis longtemps et cet homme n'est plus ,comme il le dit lui même dans un aveu terrible de sens,qu'un Président banal
Cet homme n'inspirera aucun roman,il aurait du pour cela être au moins un Rastignac et son nom ne sera jamais donné qu'à un square ou une impasse.
Bien entendu ,la seule chose qui importe est la racine historique de ce décalage si frappant entre l'insignifiance maussade de cet homme,le tragique son époque et la charge terrible qui lui incombe.
Il est le premier Président de la Sème République à avoir été porté au pouvoir sans aucune espérance ni aucune illusion ou des illusions si faibles qu'elles se sont vite fracassées sur la réalité de sa politique.
L'impasse historique dans laquelle il se trouve enfermé est celle de toutes la bourgeoisie européenne,celle qui découle de la tache monstrueuse qu'elle s'est assignée,en finir avec la civilisation européenne,détruire de fond en comble les fondements de la démocratie politique et des droits ouvriers.
Un tel programme ,celui contenu dans les différents traités européens et en particulier le TSCG,celui qui est inscrit dans les actes et déclarations de tous les gouvernements européens,prend un véritable contenu de guerre civile,il implique un bouleversement complet de tous les rapports, de la forme même de l’État,des rapports entre les gouvernements et la société civile.
Ce que l'on appelle la gauche française s'appuie sur 2 héritages historiques qui trouvent leur sanction juridique et sociale dans l'organisation même de la République.
L'héritage de la Révolution française,c'est à dire l'existence d'une démocratie parlementaire,d'une organisation du territoire fondée sur les communes et les départements et enfin l'unité de la République, cette unité s'incarnant dans l'existence d'une école publique unifiée par des programmes nationaux et le statut national de ses personnels.
Le second héritage est celui des luttes de classe,du combat séculaire pour arracher un Code du travail ,des conventions collectives,le droit des organisations syndicales à la libre négociation,l'existence d'un régime général de Sécurité Sociale fondée sur le salaire différé,les droits à la retraite ,aux allocations familiales,à l'accès aux soins et à tout ce qui nous préserve de la déchéance et du dénuement complet.

La solitude de François Hollande,le drame historique dans lequel il va jouer le plus vilain rôle est l'obligation où il s'est placé d’être le fossoyeur de la République,le liquidateur de ce l'écrasante majorité du peuple considère comme sacré et inviolable.
Le drame de François Hollande et sa solitude,son isolement ,le gouffre béant qui s'ouvre devant lui a une origine sociale et politique.
Le corps de la République est encore vivant,la classe ouvrière et ses organisations sont encore vivants et bien décidés à survivre.
Ils sont vivants dans la conscience de millions d'hommes et de femmes.
Ils sont vivants dans l'attachement fanatique et qui pourrait devenir féroce de millions d'hommes et de femmes a préserver tout ce qui fonde une existence dans la liberté et la dignité.
Ils sont vivants dans la résistance des maires et des élus ,leur attachement à la démocratie communale menacée.
Ils sont vivants dans le refus des organisations syndicales de s’intégrer à l' Union Nationale,de signer des accords scélérats,vivants dans ces centaines de délégués au Congrès de la CGT ,debouts et scandant pour exiger le Retrait de l'accord MEDEF-CFDT.
Vivants dans la grève générale des instituteurs,les 80% de conseils municipaux refusant d'appliquer la Réforme Peillon à la prochaine,ni à aucune autre rentrée pour beaucoup..
Vivants enfin dans ces regards tournés vers Athènes,Lisbonne ou Madrid,attendant l'étincelle qui allumera le soulèvement de tous les peuples d'Europe.
Certains hommes ont la prétention ou la vanité de croire qu'ils peuvent écrire l'Histoire.
'ils considèrent la vie des peuples, leur activité et celles de l’État, comme une comédie au sens le plus vulgaire du mot, comme une mascarade, où les grands costumes, les grands mots et les grandes poses ne servent qu’à masquer les canailleries les plus mesquines.' ils ne sont rien d'autre que 'le grave polichinelle qui ne prend plus l’histoire pour une comédie, mais sa propre comédie pour l’histoire.'
L' Histoire ,la vraie, n'est pas encore écrite et la messe n'est pas dite,ou plus précisément elle est en train de s'écrire dans cet isolement,ce rejet où sont exposés tous ceux qui portent à bout de bras et bien au delà de leurs forces,les plans destructeurs de l'Union si peu européenne
L'impression profonde d'ennui qu'a suscité une intervention présidentielle n'est que le signe annonciateur d'une rupture dont chacun commence à mesurer, avec beaucoup d'effroi ou d’espérance,les conséquences à venir.